Accessibilité, pour quoi faire ?

Si vous donnez dans la conception d’applications Web, vous avez certainement déjà entendu le terme d’accessibilité et peut-être même que vous êtes déjà connaisseur de ce critère, qui devient de plus en plus essentiel dans le développement Web.

L’accessibilité : qu’est que c’est ?

Un point de définition pour commencer : dans le cadre du développement informatique, l’accessibilité désigne le fait de rendre accessible à tous les publics les applications et les programmes. Typiquement, une personne souffrant d’un handicap ne doit pas être privée d’utiliser votre service. Si vous êtes un particulier qui éditez un blog avec un outil de gestion de contenus comme Wordpress ou Drupal, il y a fort à parier que vous faites dans l’accessibilité sans même le savoir – la plupart des outils de publications sont déjà plus ou moins configurés pour répondre à ce critère. Si vous êtes une entreprise ou une personnalité politique ou une collectivité locale, vous devez prendre ce critère comme une obligation. Dans le premier cas, il serait dommage de perdre des ventes et dans les autres cas, c’est la loi qui vous impose ce critère.

Que dit la loi ?

En effet, le droit des services publics établit que le service public – au sens très large du terme – doit respecter le principe d’égalité. Or, si un service n’est pas accessible aux personnes en situation de handicap et que vous ne présentez aucune alternative, vous violez le principe d’égalité. Par ailleurs, l’article 47 de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées rend obligatoire l’accessibilité pour tous les services de communication publique en ligne de l’État, les collectivités territoriales et les établissements publics qui en dépendent. L’administration a donc fourni un Référentiel Général d’Accessibilité pour les Administrations – plus connu sous son acronyme RGAA – pour permettre aux entités précédemment énumérées de se mettre en conformité. Actuellement, le RGAA en est à sa troisième version et ce référentiel est juridiquement opposable. En langage clair, si une administration ne respecte pas le RGAA 3.0, elle est susceptible d’être attaquée devant les juridictions administratives pour manquement.

Pour autant, n’allez pas croire qu’avant le RGAA, rien n’existait. Le W3C avait déjà lancé une initiative en 1999, appelée Web Accessibility Initiative (WAI), qui édictera le Web Content Accessibility Guidelines (WCAG). Aujourd’hui, à côté du RGAA 3.0, il existe une autre norme : ISO/CEI 40500:2012, basée sur les WCAG 2.0.

En résumé, que vous suiviez la RGAA 3.0 ou les WCAG 2.0, cela n’a que peu d’importance car les règles sont quasiment identiques. La seule véritable nuance réside dans votre nature juridique. Si vous êtes une administration, une collectivité locale, un établissement public, suivez la RGAA 3.0. Si vous êtes en entreprise privée ou un particulier, vous pouvez vous baser sur les WCAG 2.0, surtout si vous souhaitez obtenir la norme ISO/CEI 40500 :2012.

Quid des associations et des personnalités politiques ? Si vous êtes une association reconnue d’intérêt général et/ou que vous percevez des subventions publiques, vous devez vous référer au RGAA 3.0. Pour les personnalités publiques – élus, responsables, partis – c’est également le cas puisque la loi de 2005 énonce que « Tout organisme, public ou privé, prenant en charge une activité d’intérêt général sous le contrôle d’une personne publique est concerné. ». Malheureusement, à l’heure actuelle, rares sont les sites de partis et/ou d’élus qui respectent à la lettre le RGAA 3.0.

Qu’est que recouvre l’accessibilité ?

Quand on parle accessibilité, on parle donc des personnes en situation de handicap, c’est-à-dire :

  • Les personnes malvoyantes ;
  • Les personnes malentendantes ;
  • Les personnes sujettes à des épisodes d’épilepsie ;
  • Toutes les personnes présentant une déficience sensorielles, mentales ou motrices.

Si on devait résumer l’accessibilité, on pourrait dire qu’il y a quatre grands principes :

  • La perceptibilité ;
  • L’utilisabilité ;
  • L’appréhension intellectuelle ou compréhension ;
  • La robustesse.

Ces quatre grands principes se déclinent en treize thématiques :

  • Les images ;
  • Les cadres ;
  • Les couleurs ;
  • Les éléments multimédia ;
  • Les tableaux ;
  • Les liens ;
  • Les scripts ;
  • Les éléments obligatoires ;
  • La structuration de l’information ;
  • La présentation de l’information ;
  • Les formulaires ;
  • La navigation ;
  • La consultation.

On pourrait résumer les choses grâce à ce schéma :

résumé de l'accessibilité

Au-delà des aspects purement légaux relatifs au respect de l’accessibilité d’un service Web, il y a des facteurs incidents.

Accessibilité et référencement/SEO naturel

Quand on lit attentivement le RGAA 3.0 et les WCAG 2.0, on se rend compte que certaines règles sont communes à celles qui régissent le référencement naturel. Par exemple, le fait de fournir une alternative textuelle à une image ou une description, un résumé à un tableau concernent aussi bien le référencement que l’accessibilité. Même chose pour la hiérarchie entre les titres et la performance d’une page. Evidemment, ce n’est pas parce que votre service répondra en totalité aux critères de l’accessibilité que vous obtiendrez un excellent référencement naturel. Néanmoins, cela jouera par ricochet et en la matière, tout est bon à prendre. Notons que l’utilisation du balisage sémantique – en clair Open Graph et Schema.org – optimise l’accessibilité des images et dans la mesure où Open Graph facilite le partage sur les réseaux sociaux par une présentation plus esthétique des contenus, cela devrait vous inciter à mettre les mains dedans.

L’utilisation d’Open Graph permet à la fois une meilleure accessibilité, un meilleur référencement et une meilleure interopérabilité. Quant à Schema.org, il vous permet d’estampiller les contenus. Par exemple, un article de blog, une fiche produit ou une fiche de film.

Bien entendu, ces deux outils ou technologies n’ont pas été créés pour améliorer l’accessibilité mais utiliser le premier permet de façon incidente d’améliorer le second.  

Comment tester l’accessibilité ?

Arrivé(e) à ce stade de la lecture, vous demandez certainement comment tester votre service. Si vous n’avez aucune difficulté particulière avec les référentiels, vous pouvez utiliser le RGAA 3.0 ou les WCAG 2.0. Si vous souhaitez des services clefs en main – payants ou gratuits, vous pouvez trouver des listes de services listés par Webaccessibilite et vous pouvez utiliser le module complémentaire OpQuast Desktop, disponible pour Firefox.

 

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