La France et les fichiers : une histoire d’amour

Vous avez sans doute vu passer la nouvelle idée de Thierry Mariani, Ministre des Transports, à savoir la création généralisé, centralisé de toutes les personnes percevant des allocations, prestations sociales et autres aides étatiques. La raison ? Il semblerait qu’il n’existe pas, entre les différents organismes sociaux, de croisements des données, ce qui implique un effet pervers : le possible cumul des prestations sociales.

Pour en avoir fait moi-même l’expérience récemment, je peux vous assurer que certains organismes sociaux ont déjà du mal à relier entre elles les personnes d’une même famille, même quand elles ont le même patronyme et que le patronyme en question n’est pas vraiment répandu en France.

Mais glissons et revenons à nos fichiers.

Il faut admettre que l’Etat Français aime compiler, centraliser et réunir sur des petits fiches cartonnées les informations sur les citoyens et ça ne date pas d’hier. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela ne date absolument pas de la Seconde Guerre Mondiale mais du Moyen-Age avec les maisons de tolérance.

L’Etat Français aime réunir des informations sur ses citoyens, mais toujours pour leur bien, pour la sécurité, jamais pour des viles raisons de curiosité malsaine. Ce n’est pas un hasard si la France a été un pays précurseur en matière de loi concernant la collecte d’informations personnelles, c’est justement parce qu’elle excellait dans ce type d’exercice.

Dans certains cas précis, il peut y avoir une justification mais dans d’autres, j’avoue avoir du mal à en saisir la raison. Un exemple concret ? Le STIC ou Système de Traitement des Infractions Constatées qui répertorie toute les personnes ayant un lien avec une procédure judiciaire et quand on parle de liens, cela concerne aussi bien les prévenus, les inculpés, les mis en garde à vue, les victimes que les témoins. En bref, un immense fichier dans lequel vous figurez forcément si vous avez un jour passé un coup de fil à la police ou à la gendarmerie pour faire état d’une infraction dont vous étiez témoin. En théorie chaque personne y figurant peut exercer son droit d’accès et de rectification. Encore faut-il savoir qu’on y figure.

Ce n’est pas pour rien que les Big Brother Aawards ont décerné le Prix Orwell de l’Administration la plus intrusive au Ministère de l’Intérieur.

Le STIC est un exemple parmi tant d’autres et on serait tenté de croire qu’un nombre si important de fichage des citoyens devrait garantir un minimum de sécurité, une quasi-absence de fraudes aux aides sociales, que sais-je.

La preuve en est que non puisque Thierry Mariani propose d’en créer un autre. C’est peut-être justement la démonstration que ce type de pratiques ne fonctionne pas. C’est vrai aussi qu’en ce qui concerne les organismes sociaux, il vaudrait peut-être mieux éviter de confier certaines missions régaliennes à des personnes dont le QI ne dépasse pas les 50 points. 

Xavier Bertrand, Ministre de la Santé, quant à lui soutient cette mesure et nous assène de cette vibrante déclaration : la fraude, ce n’est pas du système D, c’est du vol !

On ne peut être que d’accord avec lui. De la même manière que lorsque nos députés, ministres et autres représentants du peuple profitent de leurs mandats pour au passage, s’en mettre plein les fouilles, ce ne sont pas des « arrangements » c’est bien du vol.

Entendons-nous bien : je ne suis pas spécialement favorable au système d’aides sociales, ça doit être mon côté luthérien qui ressort et que j’assume. Mais je trouve rigolo que depuis plusieurs années, le Gouvernement s’acharne à vouloir la diminution des fraudes en tous genres alors que si on regarde du côté du Parlement, il y aurait largement de quoi faire le ménage.

Et surtout, on ne va pas parler de tous les petits arrangements financiers, les spéculations, etc. Sur ces bonnes paroles, le pop-corn m’attend, je vais aller assister à la fin du monde économique qu’on nous a promis.

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