Les internautes sont des acteurs de l'Internet

Jérémie Zimmermann de la Quadrature du Net nous a rejoint sur Pas Sage en Seine et j’avoue avoir pris un certain plaisir à lui avoir hacké sa conférence. Je retranscris plus ou moins librement les propos qu’il a tenu durant son intervention. Quel était le sujet ? La gouvernance d’Internet mais dans le « bon sens » du terme.

L’idée était de dire qu’Internet n’est pas un objet appropriable. De la même manière que personne n’aurait l’idée de s’approprier le soleil, que tout le monde peut profiter de ses rayons, tout le monde devrait pouvoir profiter d’Internet.

C’est un espace universel bâti par les acteurs techniques d’un côté et les utilisateurs de l’autre.

La gouvernance d’Internet est centrale et si on regarde depuis la création de l’Internet jusqu’à il y a environ cinq ans, il y avait une sorte de gentlemen agreement. En effet, les acteurs techniques s’entendaient sur les requests techniques, sur les nouveaux formats, sur les nouveaux protocoles. Ils discutaient entre eux et finissaient par arriver sur des documents qui faisaient consensus.

De l’autre côté, il y avait les routages avec l’acheminent des paquets, qui reposait sur le principe du best effort : tu prends et tu envoies.

Si on devait comptabiliser le nombre d’individus connectés, on arrive à environ deux milliards de personnes, estimation dans laquelle il faut enlever les Chinois dont on ne peut pas dire qu’il ait un accès à Internet libre, leur utilisation est canalisée.

Ce qui fait que nous pouvons estimer à 1,5 milliard de personnes connectées à travers le monde.

Or, il nous appartient d’éduquer, de guider les individus dans le développement de leur usage. Jérémie Zimmermann a pris l’exemple de Bit Torrent, de Skype ou de ICQ pour démontrer que les internautes ont une sorte de capacité universelle d’innovation qui est couplée à leurs usages. Ce qui rejoint l’importance de l’éducation des internautes afin d’en faire de véritables acteurs de l’Internet. On a décidé de ce qu’on voulait faire, c’est finalement la preuve qu’Internet appartient à chacun de nous.

Or cette capacité que nous avons, en tant qu’internautes à nous former librement commence à être fortement compromise. En effet, lorsque les premiers montages juridiques ont vu le jour, ils avaient pour ambition de taper sur les questions de propriété intellectuelle, ce qui était finalement le cheval de Troie pour arriver sur les questions de libertés fondamentales.

Ils avaient eu la tentation de taper au cœur du réseau. Or maintenant les réseaux sont concentrés, aux mains des fournisseurs d’accès à Internet , qui ont également des intérêts avec certains grands groupes, qui touchent également au monde des médias. Il y a donc une concentration de l’industrie de l’entertainment, de la communication et de l‘information.

Pourquoi une telle concentration ? Car il a été compris qu’Internet était devenu un réel contre-pouvoir.

Une fois qu’on a posé cet état de fait, la question est de savoir comment on doit riposter.

Jérémie Zimmermann avançait les moyens techniques, notamment par la décentralisation des outils, le recours au cryptage de façon temporaire, à court ou à moyen terme.

L’autre moyen est aussi de jouer sur l’inconscient collectif , en créant des messages, qui auront du sens, une symbolique, contiendront des mènes, des éléments culturels qui vont se propager. Nous avons un boulevard pour créer des images fortes qui porteront les valeurs qui sont les nôtres et qu’on doit imposer.

Il y a les moyens techniques, il y a les moyens citoyens avec les contacts que l’on peut multiplier aux députés, aux euros-députés, la mobilisation de certains médias et il y a évidemment les moyens légaux et vous vous en doutez, c’est sur ce terrain que j’ai hacké la conférence (pardon Jérémie).

Anecdote amusante : à PSES, on est tellement fort qu’on arrive à faire parler les poteaux .Ceux qui ont vu le streaming et les vidéos comprendront. Pour les autres, venez faire un tour par ici (je commence à embêter Jérémie à partir de 54mn et 30 secondes).

Nous avons aussi dans notre arsenal, la loi et tout ce qu’elle offre, non seulement le droit interne mais également le droit communautaire, européen et international.

Il nous appartient donc de nous concentrer ensemble, internautes de tout bords, de toutes les formations pour construire un Internet qui nous ressemble, un Internet que l’on aura construit, un Internet qu’on sera fier de montrer à nos enfants et avec lequel on aura envie que nos enfants et leurs enfants évoluent.

En comparant ce que j’ai entendu sur PSES et sur la conférence sur la cyber-criminalité, j’ai acquis au moins une certitude : les pédo-nazi ne sont pas ceux que l’on croit.       

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