Les journalistes, cauchemar des hacktivistes

Nous avons été quelques uns à découvrir avec un certain effroi, puis une certaine colère l'article de Guillaume Grallet dans l'hebdomadaire Le Point sur les « hacktivistes », qui seraient selon lui, le cauchemar des puissants.

Ce dernier a été à la rencontre de plusieurs personnes, dont on peut dire qu'elles sont influentes dans leurs domaines et nous a ,par ailleurs, gratifié de sa présence fugace lors de Pas Sage En Seine.

Il semble dommageable qu'il ne se soit pas donné la peine de rester plus que le temps d'une intervention. Il en aurait certainement retiré quelques enseignements et aurait oublié ses préjugés.

Selon lui, un hacktiviste est un militant qui utilise les outils technologiques pour faire valoir ses idées. Parait-il qu'on empêche les chefs d'Etats et grands patrons de dormir.  J'ai envie de répondre: si seulement !

Force est de constater que si on les empêche de dormir, nous n'arrivons pas encore à les inciter à réfléchir avant de parler et d'agir. Les récentes actualités nous ont montré que certains de nos dirigeants avaient une aptitude effarante à enchaîner les sornettes concernant les NTIC et Internet. Cette affirmation est donc la première erreur.

Le journaliste poursuit en énonçant que les hacktivistes n'acceptent de s'exprimer et de parler aux journalistes, sous couvert que leurs pseudos soient modifiés. Chose qu'il n'a absolument pas prise en compte, la preuve en est que certains ont eu la très désagréable surprise de voir leurs pseudos bien mis en évidence dans cet article. Or, il a été demandé à certains de procéder à des actions qui sont pénalement répréhensibles. Dans la mesure où des individus ont eu des difficultés avec la justice suite à la parution d'articles, ou de la diffusion de reportages, on ne peut que comprendre pourquoi il existe un mépris plus ou moins affiché envers la « caste » journalistique.

L'article se poursuit en énonçant que les hacktivistes sont principalement intéressés par la défense de Julian Assange, fondateur de Wikileaks, la dénonciation des entreprises ne protégeant pas suffisamment les données personnelles de leurs clients (à tout hasard, ayons une pensée émue pour Sony et pour ses actionnaires) et surtout la libération d'Internet de toute forme de tutelle, notamment celle qui arrive et qui sera catastrophique, j'ai nommé ACTA.

Sur ce point, il a raison. Pourquoi des journaux traditionnels peuvent révéler des scandales, diffuser des images choquantes, mettre en cause des personnalités, quand ce n'est pas des présidents (coucou le Washington Post!) et pas un site d'information, ouvert à tous, accessible à tous ? N'est-ce pas une forme de discrimination que d'accorder à certains le droit de s'exprimer et de révéler et pas à d'autres ?

Par ailleurs, en France, une loi prévoit de condamner pénalement les personnes qui n'auraient pas suffisamment sécurisé leurs accès à Internet et on me souffle dans l'oreillette qu'il y a même un texte de loi punissant les entreprises qui n'auraient pas suffisamment sécurisé les données personnelles. Sauf qu'aucune entreprise n'a pour le moment été condamnée. Disons simplement que les « pisseurs de code » et autres « barbus » comme ils sont appelés dans l'article se proposent de rétablir une certaine forme d'équilibre. C'est une sorte de justice sociale.

Enfin, le dernier paragraphe fait état de l'ego soi-disant démesuré des hacktivistes. Amis barbus, nous serions plus égocentriques que la moyenne. Nous serions jaloux entre nous. Pire encore, nous ne mènerions nos petites attaques que pour faire parler de nous. C'est vrai que cela n'existe dans aucun autre domaine et que tous les autres professionnels sont d'une humilité effarante. A commencer par les journalistes qui sont parfaitement capables de consacrer des kilomètres sur leur, parait-il, misérable condition, en signant sous leur nom mais en utilisant des pseudos lorsqu'ils écrivent de « vrais » articles (cf : l'article sur les pédophiles)

Il paraît même que nous allons faire le prochain Pearl Harbor. Nous ne sommes pas des criminels, nous ne sommes pas des terroristes, nous n'avons pas de sang sur les mains. Nous sommes de citoyens curieux, ouverts sur le monde et désireux d'apprendre.

Vous voilà avertis, les hacktivistes que nous sommes sauront se rappeler de votre interprétation douteuse.

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