Les menaces au respect de la vie privée générées par les internautes

Si les menaces de type gouvernemental ne sont pas à exclure, il convient néanmoins de souligner que l’autre menace majeure au respect de la vie privée découle la plupart du temps des internautes et utilisateurs eux-mêmes.

Il est possible de distinguer plusieurs menaces : Les puces RFID et NFC, la biométrie, vidéo-surveillance et la reconnaissance faciale, outils de profilage, réseaux sociaux et géolocalisation.

Les puces RFID ou radio frequency identification sont des puces avec un composant électronique et une antenne qui permet d’émettre et de recevoir des données, activées par un champ magnétique, qui renvoie des données statiques. On s’en sert principalement pour la traçabilité, l’identification, pour lutter contre le vol. par exemple, lorsque nous passons une commande sur Internet, un numéro de traçabilité est envoyé, correspond à une puce contenu dans le colis, permettant ainsi de le suivre à la trace et estimer le moment d’arrivée du colis ; c’est donc pour des raisons de confort matériel et de sécurité ; en effet, la pratique d’inclusion des puces RFID dans les billets de matchs de football ou de concert pour éviter notamment la revente au marché noir.

Les puces NFC, ou Near Fiel Communication sont des variantes des puces RFID, permettant un échange de données entre un lecteur et un terminal mobil ou entre terminaux mobiles. L’exemple que nous connaissons le mieux est celui des pass NAVIGO.

Le problème étant le stockage des déplacements dans le cas des cartes de transports et la volonté affichée des sociétés de transports de favoriser ce type de titre de transports, notamment en faisant payer une surtaxe pour ceux qui préféreraient utiliser les titres de transports plus traditionnelles. Dans la mesure où les données des puces NFD sont dynamiques, elles sont non seulement « mobiles » mais également réinscriptibles, ce qui pose la question de l’altération des données.

Autre point essentiel : la biométrie que l’on peut définit comme l’ensemble des techniques à des fins de reconnaissances, d’authentification et d’identification. A titre d’exemple, les empreintes digitales et la reconnaissance de l’iris sont les deux techniques les plus connues à ce jour mais on assiste au développement de la dynamique des frappes au clavier, de la reconnaissance vocale ainsi qu’à la dynamique des écritures.

La biométrie tend à se développer dans les entreprises afin de sécuriser l’environnement de travail des salariés, d’éviter les fuites de données confidentielles, réduire les risques d’espionnage industriel. La problématique demeure la même que celle des puces NFC, à savoir que ce n’est plus des données que l’on trace mais des êtres humains à travers leurs habitudes de travail.

Les passeports biométriques se répandant, des entreprises ont crée des caches pour passeports biométriques afin d’éviter les fuites de données et surtout les identités de porteurs des dits passeports biométriques.

Toujours dans le cadre de la sécurisation des entreprises et des commerces, la vidéo-surveillance. En effet, afin de dissuader les attaques, les commerçants ont tendance à s’équiper de système de vidéo-surveillance. Si les caméras n’ont pas forcément un effet neutralisant sur les infractions, elles peuvent néanmoins permettre une résolution plus rapide des infractions via la collecte des informations, qui sont ensuite croisées.

Mais, les personnes privées qui souhaitent équiper leurs locaux professionnels de ce type de système doivent respecter l’ensemble des règles posées non seulement par la CNIL mais également par le Code Civil en son article 9, relatif à la vie privée qui comporte le nécessaire volet du droit à l’image.     

Les outils de profilage statistiques sont plus pernicieux dans la mesure où l’internaute ne se rend pas forcément compte qu’ils sont en action. En effet, dans l’utilisation de certains rseaux sociaux, de type Facebook, tirant une majeure partie de ses revenus des enncarts publicitaires, chaque information déposée sur un profil par un internaute donne lieu à un traitement. Ainsi les femmes disposant d’un profil Facebook voient appraître des pulicités pour des régimes tandis que les hommes voient des annonces pour agrandir leur pénis. Dans la même catégorie peuvent être rangées les recherches sur les moteurs de recherches de type Google. Même lorsque la recherche est terminée, le jeu des algorithmes fait que lorsqu’un internaute va visiter un autre site Internet sur lequel de la publicité apparaît, il va être confronté à de nouvelles offres en rapport avec sa dernière recherche de type commercial. Par exemple, les publicités pour les voyages.

La problématique en rapport avec les libertés fondamentales est donc en fait que dans un but mercantile, un internaute va voir ses habitudes de navigation disséquée afin d’en faire un consommateur. C’est le principe de la publicité en général mais les nouvelles technologies permettent de lieux cibler les habitudes, les comportements, informations qui sont stockées et qui font par la suite, l’objet de tractations commerciales, sans pour autant que l’internaute en soit avisé. Cela pose un problème de consentement, de droit à l’information confronté au droit au respect de la vie privée.

Les outils de profilage statistiques, nous l’avons souligné sont autant présents sur les moteurs de recherche que sur les réseaux sociaux. Un réseau social est une interface Internet permettant à des utilisateurs de communiquer entre eux, sans réelles limites de quantité. L’exemple phare en la matière reste bien évidemment Facebook mais il y a également Twitter, LinkEd ou encore Viadeo. Selon le réseau social utilisé, un profil de personne va se dessiner. En effet, certains réseaux sociaux sont presque exclusivement réservés à un usage professionnel permettant aux internautes de créer un réseau de contacts professionnels.

Le danger en matière de libertés fondamentales est le stockage des informations ; en effet, selon les paramètres de sécurité que l’internaute doit gérer, certaines informations vont être dupliquées dans les moteurs de recherches par le fameux jeu des algorithmes. Ainsi certains sites Internet se sont spécialisés dans le regroupement d’informations sur une personne, croisant toutes les données : nom, prénom, numéros de téléphone, adresse personnelle, adresse professionnelle, amis, adresse électronique, photos et vidéo.

Cela est non seulement une violation de la vie privée de chaque personne mais également pose un problème quant au fameux droit à l’oubli don l’Union Européenne a fait une Charte mais qui n’a aucune effectivité juridique. Si effectivement les grands sites Internet et réseaux sociaux ne jouent que très difficilement le jeu du droit à l’oubli des internautes, il convient néanmoins de souligner que les internautes eux-mêmes ne pensent pas toujours à canaliser et à réduire le nombre d’informations qu’ils distillent sur les réseaux, oubliant que par définition, un écrit reste, même s’il est binaire.

Il convient en la matière d’arriver à une sorte d’équilibre du jeu des responsabilités entre les réseaux sociaux et les utilisateurs des réseaux sociaux afin que les garanties du droit au respect de la vie privée soient effectives. A titre d’exemple, lire régulièrement les Conditions Générales d’Utilisation des réseaux en question, notamment Facebook, qui change régulièrement les CGU.

Enfin, la dernière menace, qui figure parmi les plus dangereuse à mon sens, la géolocalisation. Il convient d’en distinguer deux sortes : la géolocalisation via les outils de type GPS et la géolocalisation à travers les réseaux sociaux de type Foursquare et Facebook.

Dans le cas des outils GPS, c’est l’utilisateur qui va demander aux satellites de lui trouver son chemin, balisant ainsi son trajet. Le problème reste le même qu’avec les réseaux sociaux et les outils de profilage statistiques : la stockage des informations, permettant de dresser une typologie des déplacements des personnes.

Sur les réseaux sociaux, certains sites se sont spécialisés, à travers des aspects ludiques, dans la géolocalisation. Exemple type en la matière : Foursquare qui permet aux utilisateurs de signaler où ils se trouvent, afin de trouver leurs amis dans un même secteur géographique. Au-delà des aspects de pure sécurité des personnes et des biens que cela peut créer, il convient  de s’interroger sur la valeur accordée ici à la notion de liberté d’aller et de venir. Peut-on réellement affirmer que l’exercice de la liberté d’aller et de venir est totale à partir du moment où l’on accepte d’être géolocalisé à n’importe quel moment ?  

Les menaces pesant sur les internautes en matière de respect de la vie privée sont en fait, autant le jeu des créateurs, concepteurs, développeurs des outils sus-mentionnés que les utilisateurs eux-mêmes.

Afin de préserver les données personnelles, la France s’est dotée d’un cadre juridique spécifique.

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