Les vrais problèmes de la Roumanie : aspects économiques

Suite à mon billet commentant un article paru dans Direct Matin du Courrier International sur les soi-disant problèmes de la Roumanie, certains ont pu se dire que j’étais partiale car je niais presque en bloc, l’ensemble des « arguments » énoncés.

Loin de moi l’idée de dire que la Roumanie est un Paradis sur Terre, d’ailleurs aucun Etat à l’heure actuelle ne peut se vanter de l’être. Cette semaine, je consacrerais mes articles à vous expliquer ce qu’il en est vraiment.

Donc, quels sont les vrais problèmes que rencontre actuellement la Roumanie ?

Abordons les choses de manière structurée (pour une fois) : économie, éducation, social, politique.

Aujourd’hui, on va parler économie.

Au niveau économique, suite à la chute du régime de Ceausescu et l’effondrement de tout le Bloc de l’Est, l’économie roumaine, comme l’ensemble des pays de l’Est, a connu une inflation galopante. Résultat : les salaires perçus n’étaient pas en adéquation avec la réalité du marché. Ainsi, beaucoup de familles se sont retrouvées dans des situations financières très difficiles voire désastreuses dans certains cas. En effet, dans la mesure où le taux de chômage était de 1%, après 1989, il est monté à environ 30%. Et pour cause, tout le monde était fonctionnaire, certaines personnes étaient vraiment payées à ne rien faire. Avec la Révolution, on a fait le ménage des « bras inutiles » et il a fallu penser à une reconversion professionnelle. Difficile quand on n’a jamais appris de réel métier.

Cette phase de transition n’a pas été très bien gérée, c’est un fait. M’est d’avis qu’aucun pays de l’ex Bloc Soviétique n’a pu et n’a su la gérer.

Actuellement, il tourne autour de 20%.

Aujourd’hui, le SMIC roumain est d’environ 300€ et le salaire médian tourne autour de 450€. Pour la France, c’est très peu, pour la Roumanie c’est plutôt correct sans être mirobolant. Cela permet de vivre mais pas de faire de folies.

Dans la mesure où les gens fréquentent beaucoup les marchés et les coopératives agricoles, les supermarchés de type Auchan et Carrefour (il y en a) sont surtout fréquentés par les personnes appartenant à la haute classe moyenne, dont le salaire tourne plutôt autour de 600€.

Voyons le bon côté des choses, au moins, en Roumanie on mange très bien et rien que du naturel. 

Par ailleurs, le pays est encore très rural et même à Bucarest, il n’est pas rare de trouver de jolies petites maisons avec un jardin, dans lequel on fait pousser ses salades, ses tomates, ses haricots et petits pois. A titre d’exemple, une bonne partie de ma famille vit dans des maisons avec jardin, potager et poulailler.

La phase de transition n’est pas encore totalement achevée dans la mesure où certains services et produits de consommation sont encore inaccessibles à la majeure partie de la population. Exemple très symbolique : le Mc Donald’s reste cher. En effet, si en France, avec 10€ vous avez un menu avec boisson grand format, grande frite, sandwich ou nuggets de poulet et un dessert, en Roumanie, c’est avec 7€. Mais avec 7€ en Roumanie, vous pouvez faire vos courses pour la semaine. Donc la fréquentation des fast-food n’est pas entrée dans nos mœurs. Cela reste une sortie occasionnelle que l’on fait pour les enfants. En effet, question d’espace, la plupart sont implantés dans des endroits disposant de terrains de jeux pour les enfants. Donc vous y voyez surtout des familles.

Les jeunes souhaitant boire un verre entre copains se retrouvent plutôt dans les petites buvettes traditionnelles.

C’est un paradoxe pour les Français car bien manger, consommer des produits frais et naturels est un luxe et la mal-bouffe considérée comme réservée aux plus modestes. Chez nous c’est l’inverse. Cela vous explique pourquoi nous ne connaissons que peu de cas d’obésité infantile.

Autre produit qui reste pour le moment un objet de luxe : le téléphone portable. Les forfaits et cartes de type Mobicarte sont encore chers et posséder un téléphone portable n’est pas pour le moment une nécessité. Même chose pour Internet, ce qui est paradoxal car en matière de NTIC, le pays s’est très vite développé. A mon sens, d’ici deux ans, le marché aura explosé, le temps que les fournisseurs s’adaptent aux réalités économiques du pays.

En substance, la Roumanie est très loin d’être un pays de crève-la-faim tel qu’on vous le présente habituellement dans les médias français.

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