Petite escroquerie entre amis : troisième épisode

Je vais être franche avec vous : j’ai rencontré quelques difficultés à introduire les faits qui se sont déroulés durant le mois de janvier 2015. En temps normal, j’aurai parlé d’atmosphère à couteaux tirés, d’ambiance explosive ou encore de sang sur les murs. Sauf que toutes ces expressions me semblent très mal venues. Je vous prie d’excuser ma maladresse.

A proprement parler, nous n’avons réellement repris le travail qu’au 12 janvier. Même si je ne m’étais pas arrêtée pendant la trêve des confiseurs, les évènements nous ont conduit à réorganiser les agendas. Au-delà de cet aspect logistique, au sein de l’entreprise, le mois a été marqué par une série de révélation.

Tout d’abord, Chloé et Sidoine souhaitaient supprimer de l’entreprise deux personnes : Alain – celui deviendra le dirigeant d’Atasta Net – et Éric*. Sidoine nous expliquait qu’Alain était un profiteur, qui utilisait l’argent de l’entreprise sans vergogne pour se faire payer un appartement, ce qui bloquait le développement de son affaire au Mexique. En effet, Sidoine avait trouvé intelligent de faire un restaurant de fusion-vapeur dans un quartier de bureau au Mexique avec des vins français. Or, pour passer les douanes mexicaines, il fallait apparemment donner un dessous de table aux douaniers mexicains pour qu’ils laissent entrer la marchandise. Lors de cet échange, nous avons également appris que si Sidoine ne voulait pas renvoyer Alain, c’était parce que son renvoi occasionnerait automatiquement la perte du contrat avec l’entreprise dans laquelle il était en régie car il aurait été spécifiquement demandé que ce soit lui qui opère la mission. Par ailleurs, Sidoine se disait redevable d’Alain car celui-ci avait hébergé l’entreprise chez lui à une certaine époque.

Quant à Chloé, elle voulait la tête d’Éric car ce dernier faisait à peu près tout ce qui lui passait par le crâne, à commencer par ne pas se pointer chez le client. Pour autant, elle en avait aussi après Alain. A la mi-janvier, elle m’exposa oralement elle aussi les différentes malversations et elle avait pris l’habitude de s’épancher sur son sort auprès de moi. Je l’avais fortement encouragée à parler de ce genre de choses à un avocat et ce, pour deux raisons. Premièrement, qu’elle arrête de tout me déballer en permanence, surtout si je n’étais pas concernée et en second lieu, pour – en tant que directrice – qu’elle prenne les dispositions nécessaires pour faire cesser cet état de fait ou prendre tout simplement le large.

En effet, dans un très long email adressé d’abord à Sidoine et à moi, puis en direct à Alain où j’étais en copie cachée, elle expliquait qu’elle avait été obligée de se porter caution pour la location d’un appartement à Nanterre, appartement occupé par Alain. Mieux encore, le loyer de cet appartement ainsi que les différents frais (EDF, charges, Internet) étaient réglés directement par Atasta Net. En plus de cet abus de bien social caractérisé, Chloé avait été amenée à fournir des faux documents administratifs pour la location de l’appartement. Forcément, si les charges sociales et patronales ne sont pas réglées, il est difficile de fournir des bulletins de salaire, ce que je ne savais pas à ce moment-là.

A partir de ce moment-là, John et moi avons commencé à nous interroger. Chloé souhaitait qu’une filiale soit montée, qui se consacrerait entièrement au projet R&D mais qu’elle entendait tout de même piloter sans en être actionnaire. Sidoine exprimait le même désir, à ceci près qu’il souhaitait aussi en être actionnaire, afin de percevoir régulièrement des fonds de cette filiale. Et devinez qui devait diriger cette entreprise ? Si on veut donner dans le raccourci rapide, Sidoine se cherchait une nouvelle vache à lait et Chloé à se disperser encore plus.

Sauf qu’avec ce que nous avions appris, John et moi n’étions évidemment pas très motivés à continuer à travailler avec ces personnes. Pour autant, on ne souhaitait pas abandonner notre projet. Par ailleurs, John avait un contrat en régie chez un client, qui l’engageait pendant un an et qui se terminait fin mars. De mon côté, je venais à peine d’arriver donc si je démissionnais, je n’avais droit à absolument rien sur le plan des indemnités et même si j’avais un salaire confortable, je n’avais pas encore assez d’argent de côté pour finaliser le projet et attendre qu’il devienne rentable. J’aurai pu prendre un job alimentaire en attendant, mais je m’étais habituée à avoir enfin un salaire décent et l’expérience m’avait montré qu’un travail alimentaire était avant tout un travail et que conjuguer deux activités professionnelles à plein temps menait à l’échec. Or, je voulais vraiment faire sortir de terre mon projet de R&D.

De ce fait, même si nous avons acté que nous partirions d’Atasta, nous ne savions pas que nous n’avions pas d’existence administrative à ce moment-là, on ne voulait pas le faire n’importe comment.

La fin du mois de janvier, il y avait donc, dans une entreprise de moins de dix personnes, les « fronts suivants » :

  • Chloé V. Alain ;
  • Sidoine V. Alain ;
  • Chloé V. Éric ;
  • John et moi dans notre bulle.

 John et moi avions compris qu’on essayait de nous monter les uns contre les autres sauf que même à ce jour, je ne saurais pas forcément dire qui manipulait qui.

Le mois de janvier a aussi marqué le retour de Sidoine aux manettes et son parasitage se fera encore plus prégnant au mois de février.

Fichier attaché: 

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.