Quand la fidélité ne paie pas

*Edit du 08/07/2015 à 17h53 : Il semblerait que je ne sois pas la seule à avoir constaté ce manque d'élégance, l'attitude de la présidente ayant également été relevée par NextINpact et Numerama.*

Comme un certain nombre d’internautes, j’ai suivi l’audition de la présidente de l’Hadopi par la commission d’enquête sénatoriale sur les autorités administratives indépendantes.

Le but de cette commission d’enquête est d’évaluer, de constater et de contrôler le fonctionnement des autorités administratives indépendantes, afin d’émettre une série de propositions visant à améliorer leurs fonctionnements. Nécessairement, l’Hadopi devait également être auditionnée et s’exprimer par la voix de sa présidente Marie-Françoise Marais.

J’avoue avoir été ébahie par la médiocrité de l’audition. Il était acquis que les sénateurs n’étaient absolument pas là pour se poser en défenseurs de l’institution, ce n’était pas leur rôle. Mais la majeure partie de leurs interrogations étaient plus que prévisibles : budget, fonctionnement, ressources humaines, relations avec les autres institutions, rien d’exotique.

Et pourtant. Malgré la facilité déconcertante des questions posées, il a été loisible d’assister à l’amateurisme d’une présidente d’institution, qui ricanait et faisait des plaisanteries, alors que le contexte ne s’y prêtait absolument pas. Par respect des institutions de la République, il est des lieux et des moments dans lesquels toute la solennité de la fonction doit transparaître, de façon à ne pas prêter le flanc à des critiques de forme.

Lorsque le fond du discours est adéquat, on pardonne facilement les légèretés de la forme mais cela ne pouvait pas être le cas aujourd’hui. Réponses approximatives, lectures flagrantes de notes, méconnaissance de certains services, n’en jetez plus.

Le malaise n’a fait que s’accroître pour atteindre son paroxysme à la fin de l’audition. Le rapporteur Jacques Mézard, lisant une déclaration faite dans la presse, interroge la présidente de l’institution sur la personnalité du secrétaire général, sa gestion des ressources humaines et son management. Alors qu’elle était vent debout pour défendre les salariés en début d’audition, elle n’a pas eu un mot de soutien pour le secrétaire général, qui a dû se sentir bien seul durant l’audition, tant il a été consciencieusement ignoré, malgré ses vaines tentatives pour souffler les réponses à certaines questions qui ont décontenancé la présidente.

Pourtant, quand on sait à quel point le secrétaire général de l’Hadopi a passé 75% de son temps à rattraper les différentes « libertés » de cette institution, on ne peut être que désagréablement surpris(e) par une attitude aussi méprisante.

De la même façon, un silence pudique a été fait sur les Labs, qui sont les ancêtres de l’actuel DREV, qu’on le veuille ou non, ainsi que sur le travail de la direction de la communication, dont une grande partie de l’énergie a été gaspillé à canaliser les divagations de la présidente.

Cette audition, en elle-même, était inintéressante. Mais elle a au moins servi à afficher publiquement le mépris dont a fait preuve la présidente envers son secrétaire général, sans même essayer de sauver les apparences.

La politesse et l’éducation ne s’achètent pas et ne semblent pas s’acquérir avec les années et la démonstration a été faite que la fidélité professionnelle n’était pas toujours récompensée à sa juste valeur.  

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