Comédie

La famille Upshaw

La famille Upshaw est une sitcom familiale américaine très drôle, avec des personnages attachants. Attention : cette chronique révèle quelques éléments-clefs de l’intrigue.

Le scénario de la famille Upshaw

Les Upshaw sont une famille afro-américaine, qui vit dans l’Indiana. Bennie, le père de famille, tient un garage en ville et Regina travaille au département de la facturation d’un hôpital. Sa sœur, Lucretia, fait partie de leur quotidien, au grand dam de Bennie, qui ne peut pas l’encadrer. Bennie et Regina ont trois enfants : Bernard, Aaliyah et Maya.

Le quotidien de cette famille est bouleversé par l’autre famille de Bennie : Tasha, avec laquelle il a eu une aventure il y a 13 ans et le fils qu’il a eu avec elle : Kelvin.

À cette situation déjà volcanique viennent s’ajouter les galères d’argent, les bêtises des enfants, les prises de bac entre Lucretia et Bennie et les gardes à vue régulières de ce dernier.

Bennie, le père de famille parfois responsable

On comprend très rapidement que Bennie a multiplié les bêtises, mais on lui pardonne. En effet, grâce à sa mère, il n’a connu que les combines jusqu’au moment où il rencontre Regina. Cette dernière tombe enceinte de Bennie à l’âge de 16 ans. Ils gardent l’enfant, mais Bennie fait un détour par la case prison. On ne sait jamais pourquoi, mais les relations qu’il aura avec Bernard en seront profondément affectées.

Regina a élevé Bernard presque seule : sa sœur Lucretia a fait office de père, mais, pas uniquement. C’est aussi elle qui a donné un travail à Bennie. Bennie le vit assez mal en réalité et il ne rêve que de se débarrasser de son encombrante belle-sœur, qui passe son temps à lui faire des remarques.

Bennie n’a pas un mauvais fond, mais il fait preuve de légèreté au quotidien. Et pour cause : il sait qu’il peut compter sur Regina.

Regina, la mère opiniâtre

Regina mène de front une vie de famille et une carrière. Son plus gros problème est qu’elle n’a pas terminé ses études, en raison de ses grossesses. Lorsqu’elle souhaite monter en grade à l’hôpital, elle se heurte à son absence de MBA.

La famille essaie de la soutenir, mais elle ne parvient pas à décrocher du premier coup son GMAT, tout en jonglant avec ses obligations familiales. Avec une adolescente, une petite fille et un beau-fils, qui aussi adolescent, il faut dire que ses journées ne sont pas toujours faciles.

Sa sœur Lucretia est d’une grande aide, même si Regina a tendance à oublier que cette dernière a mis sa vie entre parenthèses pour rester auprès d’elle.

Lucretia, l’abnégation faite femme

Lucretia est tombée d’une passerelle d’avion, ce qui lui a permis de toucher un joli pactole en indemnisation. Au lieu de vivre dessus, elle a fait fructifier son argent, en achetant un immeuble et un garage pour Bennie. Elle a aussi élevé Bernard aux côtés de Regina, changé les couches d’Aaliyah, promené Maya et parfois sorti Bennie de prison.

Pour faire tout cela, Lucretia a mis sa vie personnelle entre parenthèses, notamment son grand amour Frank. De ce fait, elle vit assez mal que Bennie et Regina tiennent pour acquis sa présence et son soutien.

Lucretia et Bennie s’envoient des piques à longueur d’épisodes, mais, lors du dernier épisode de la partie six, elle explose et dit à Bennie ce qu’elle attend : un simple merci.

Une sitcom drôle et attachante

La grande force de la famille Upshaw est de nous montrer une famille qui n’est pas parfaite. Dans les autres sitcoms de ce type, telles que Ma famille d’abord, on était face à des personnes qui n’avaient pas de réelles difficultés.

Les Upshaw sont en galère, mais, pas autant que les Gallagher. Ils sont bien insérés, les enfants n’ont pas de gros problèmes, pourtant, ils doivent affronter certains problèmes, singulièrement lorsque Regina veut retourner à la faculté ou que Bennie doit gérer la garde partagée de Kelvin.

L’un des points intéressants est que la religion est quasiment absente et on doit admettre que cela fait du bien. Dans Bienvenue chez Mamilia, autre série mettant en scène une famille afro-américaine, il est question de Dieu dans tous les épisodes. Quand on est Français(e), c’est un peu lourd.

La question raciale abordée sous l’angle historique

L’Indiana n’est pas le sud des États-Unis donc, certaines problématiques ne sont pas abordées frontalement. Certains gags sont insérés ici et là, pour nous rappeler que le racisme est toujours présent.

Le meilleur épisode est certainement celui dans lequel, la petite Maya doit jouer Rosa Parks, dans le cadre du mois consacré à l’histoire des Afro-Américains. Ulcérée par la représentation tronquée des personnages, Lucretia monte sur scène et se met à hurler, après chaque nom « googlez-le ! »

On l’avoue : entendre une petite fille dire « je m’appelle Rosa Parks et j’ai pris le bus » ou « je m’appelle Ruby Bridges Hall et j’ai changé d’école » donne envie de brailler à notre tour « googlez-la ! ».

Le verdict

La famille Upshaw est une très bonne série, en sept parties. Pour le moment, Netflix ne propose que les parties un à six, la septième se fait encore attendre, on n’a pas la date de diffusion. Il faut regarder cette série pour les piques que s’envoient Bennie et Lucretia, tel que « mets des chaussures dans cette maison, j’ai l’impression que tes orteils me font des signes de gang ».

Le personnage de Lucretia semble être grandement inspiré de son interprète, Wanda Sykes, qui n’est pas exactement le genre de personnes à avoir sa langue dans sa poche. Faisant partie de la production et étant à l’origine de la série, il est probable qu’elle se soit fait plaisir dans la création de Lucretia.

Vous ne verrez pas le temps passer avec cette sitcom et on regrette qu’elle s’arrête bientôt. On aurait aimé qu’elle soit prolongée pour encore quelques saisons. La famille Upshaw est disponible sur Netflix.