American Crime Story : the people V. O.J. Simpson
Le duo Ryan Murphy et Brad Falchuk nous plonge dans le procès d’O.J. Simpson, baptisé le procès du siècle, dans la première saison d’American Crime Story, avec beaucoup de talent.
Sommaire
Le scénario d’American Crime Story : the people V. O.J. Simpson
L’histoire commence avec la découverte du corps de Nicole Brown et de son ami Ronald Goldman et va jusqu’au verdict du procès pénal.
Cette affaire judiciaire, qui a eu des retentissements dans toute l’Amérique, survient peu de temps après les émeutes de Los Angeles, suite à la mort de Rodney King, tué par des policiers.
Deux équipes juridiques vont s’affronter : l’accusation, par le bureau du procureur et la dream team d’O.J. Simpson, qui compte de très célèbres avocats dont Robert Shapiro, Johnnie Cochran et Robert Kardashian. La série retrace intégralement ce procès, en intégrant aussi les jurés.
Des acteurs copie conforme
Le point le plus saisissant dans cette première saison est le choix des acteurs. À l’exception de Sarah Paulson et de Cuba Gooding Jr, tous les autres acteurs semblent être des clones des véritables protagonistes du procès du siècle. Il est probable que Ryan Murphy et Brad Falchuk aient choisi Sarah Paulson et Cuba Gooding Jr, en raison de leur prestation précédente dans le cauchemar de Roanoke.
Mais, même s’ils ne sont pas physiquement aussi ressemblants que les autres acteurs, ils n’en sont pas moins crédibles dans leur rôle respectif, tant et si bien que la véritable Marcia Clark a salué l’interprétation de Sarah Paulson.
Deux autres acteurs se démarquent fortement. Le premier est David Schwimmer qui joue Robert Kardashian. Au-delà de la ressemblance physique, il arrive à faire passer quelque chose, quand il réalise qu’O.J. Simpson est coupable du meurtre de son ex-femme et de l’ami de cette dernière.
Le second est John Travolta, qui endosse le rôle de Robert Shapiro et arrive à être aussi imbuvable à l’écran que le véritable avocat. Ce choix ne doit pas masquer les autres acteurs, qui sont tous excellents et qui habitent tous leur personnage.
Un procès politique
En regardant la première saison d’American Crime Story, on se demande parfois si ce n’est pas un documentaire, tant chaque détail est soigné et reprend réellement les évènements de l’époque. La défense mise sur pied par Johnnie Cochran est exactement celle qu’il a suivie durant le procès.
En l’espèce, au lieu de prouver l’innocence de son client, il a fait le procès de la police de Los Angeles et a retourné l’opinion publique, qui suivait le procès en temps réel à la télévision. Aujourd’hui, cela peut sembler banal, surtout avec les réseaux sociaux. Il faut se souvenir que nous sommes dans les années 90, Internet n’est pas déployé à grande échelle dans les foyers, il n’y a pas de numérique. Toute l’Amérique a retenu son souffle durant les nombreux mois du procès.
Ce n’était pas n’importe qui était sur le banc des accusés : il s’agissait d’une star, appartenant à la communauté afro-américaine. La défense était libre de faire le procès de la police de Los Angeles, mais les jurés se sont laissés prendre, oubliant totalement le reste, à savoir les victimes.
Les deux oubliés du procès du siècle
Deux personnes sont complètement oubliées : Nicole Brown et Ronald Goldman. Elles l’ont été dans le monde réel. O.J. Simpson n’aurait jamais été reconnu non coupable si les faits s’étaient produits plus tard.
La première raison est que grâce aux féministes et au mouvement MeToo, on commence à entendre les victimes de violences sexistes, sexuelles et conjugales. On dit souvent qu’elles ne parlaient pas avant. C’est faux : elles parlaient, personne ne les écoutait et la série le montre bien. Nicole Brown avait appelé la police à de multiples reprises pour des violences conjugales et avait été aux urgences.
La seconde raison est la culture scientifique des jurés. La série s’attarde sur la question de l’ADN dans l’un des épisodes. Aujourd’hui, les acteurs du monde judiciaire se plaignent fréquemment que les jurés réclament des preuves scientifiques, devenues la maîtresse des preuves. À l’époque, l’ADN n’est pas aussi populaire, les séries télévisées n’en font pas encore état. C’est donc quelque chose d’extrêmement abstrait, à tel point que les jurés l’écartent totalement.
La seule personne qui a été condamnée a été le policier raciste, qui s’est trouvé sur les lieux le jour de la découverte des corps.
Le verdict
On n’est jamais réellement déçu par le duo Ryan Murphy et Brad Falchuk et quand ces derniers décident d’utiliser le matériel d’un des journalistes qui a couvert le procès, on sait qu’on va regarder quelque chose de captivant, mais, surtout, de vrai.
Même le flirt entre Marcia Clark et Chris Darden est vrai. Ce n’est que très récemment qu’ils ont admis qu’il y avait eu quelque chose entre eux, même si cela est resté platonique.
On a donc un bon scénario, basé sur des faits réels, une série très bien documentée, des acteurs au meilleur de leur art et une envie de se renseigner encore plus sur cette affaire. C’est probablement l’une des meilleures séries policières sur ce sujet. On garde néanmoins un goût amer, en pensant à Nicole et Ronald. Même si O.J. Simpson a fait un passage par la case prison, il n’a pas été condamné pour ce double meurtre au pénal. Il le sera au civil.
American Crime Story : the people V. O.J. Simpson est disponible sur Disney+.