Comédie

En taule : mode d’emploi

En taule : mode d’emploi est l’exemple typique des films qui nous font penser qu’il manque un bouton sur Netflix.

Le scénario d’En taule : mode d’emploi

James King est un financier, qui a très bien réussi et qui va prochainement se fiancer avec la fille de son patron. Devenu associé, lors de sa soirée d’anniversaire, la police débarque et l’arrête pour malversations financières.

Le bureau du procureur lui propose de plaider coupable, en échange d’une courte peine dans une prison de faible sécurité. Il refuse et décide d’aller au procès. Il perd et se retrouve condamné à 10 ans de prison à San Quentin.

Il lui reste un mois pour se préparer à son incarcération.

Un festival de malaise

On pensait que les films à connotation raciste, homophobe et sexiste étaient derrière nous. On s’était trompé. James King est un bœuf avec beaucoup d’argent, qui pense que le premier Afro-Américain qui passe devant lui, a forcément une expérience carcérale.

S’il est vrai qu’aux États-Unis, les Afro-Américains sont nombreux derrière les barreaux, on sait aussi tous que c’est parce qu’ils ne bénéficient pas des meilleurs avocats et qu’ils sont souvent encouragés à plaider coupables, en échange de remise de peine.

Le propos aurait pu être plus intelligent, comme le fait Tim Allen dans ses sitcoms mais le film se contente de se vautrer dans le racisme. On aurait pu passer outre.

Glorification des violences sexuelles

Comme James King n’est pas exactement un bagarreur, Darnell — celui qui doit le préparer à l’expérience carcérale — finit par lui dire que le meilleur moyen pour s’en sortir derrière les barreaux est de devenir la « petite amie » des autres détenus.

On aimerait que les scénaristes arrêtent d’être obsédés par les viols en prison. Car, c’est bien de cela dont il s’agit : de viols et souvent de viols en réunion. Il n’y a rien de comique là-dedans. Ce qui est encore plus gênant, c’est que grâce à la vague MeToo, personne de socialement sain ne ferait de plaisanteries sur le viol en réunion d’une femme. Alors, pourquoi en faire sur le viol en réunion d’un homme, même si c’est un prisonnier ?

Bien sûr, tout le monde dira que si les gens sont derrière les barreaux, c’est parce qu’ils ont enfreint la loi. Sauf que la détention vise la privation de liberté et la réinsertion, pas la déchéance de l’être humain et que les prisons américaines sont connues pour être parmi les pires du monde occidental.

Relevons également quelque chose : les blagues sur la sodomie qui durent plus de 10 minutes ne font rire que les personnes dont l’âge mental est resté bloqué à 10 ans.

Le verdict

Au début du film, on sent que James King est un idiot, très arrogant qui mérite une bonne claque. Lorsqu’il est arrêté, on voit arriver gros comme une maison que c’est son futur beau-père qui veut lui faire porter le chapeau.

On a essayé de passer outre les aspects racistes du film en se disant qu’on allait peut-être rire à un moment ou à un autre.

On a craqué quand James accoste un inconnu dans un jardin public et l’entraîne dans les toilettes pour lui faire une fellation, toujours dans le but de s’habituer à la prison. Notre niveau de malaise était devenu beaucoup trop grand pour que l’on continue.

On se demande à qui ce film s’adresse. Manifestement, pas les Afro-Américains tant le propos, les dialogues et les personnes sont insultants. La seule femme Afro-américaine du film est dépeinte comme une hystérique. Les femmes non plus ne sont pas la cible, vu le personnage de la fiancée de James et la femme de Darnell. On ne connaît pas non plus de femmes qui rient de bon cœur à des viols en réunion.

On vous conseille de passer votre chemin et aux scénaristes d’entamer une psychothérapie parce qu’ils ont manifestement des problèmes à régler. En taule : mode d’emploi est disponible sur Netflix. Et on aurait aimé un bouton « c’est tellement mauvais que ça en devient gênant » dans les choix de boutons de la plateforme.