Life of Chuck
Adapté une nouvelle de Stephen King, Life of Chuck est une ode à la vie et à la magie.
Sommaire
Le scénario de Life of Chuck
Marty est professeur au lycée et depuis huit mois, les catastrophes s’enchaînent : tremblements de terre, tsunamis, suicides en cascade et connexion Internet défaillante.
Tant bien que mal, il essaie de garder le cap, d’enseigner correctement, de suivre ses élèves et garder un lien avec son ex-femme, Felicia. Elle-même est infirmière à l’hôpital et a l’impression de passer plus de temps à compter les cadavres qu’à soigner des malades.
Les choses semblent empirer, au point que Marty et Felicia pensent que la fin du monde est proche.
Une reproduction extrêmement fidèle
Life of Chuck fait partie du recueil « si ça saigne » de Stephen King. Une autre nouvelle de ce livre avait déjà été adaptée : le téléphone de M. Harrigan, avec succès.
Comme dans la nouvelle, l’histoire est montée à l’envers, mais, on ne vous en dira pas plus, pour ne pas vous gâcher l’intrigue.
Si vous avez lu la nouvelle, vous verrez que tout y est absolument fidèle, au point qu’on a l’impression d’être en train de la relire. Si vous ne l’avez pas lu, on vous conseille vivement « Si ça saigne » pour vos vacances de Noël.
Un film poétique
Au début du film, un adolescent lit devant la classe un poème de Walt Whitman. C’est l’un des auteurs classiques, enseigné à tous les petits Américains, au même titre que les élèves français doivent souffrir avec Baudelaire.
Mais, là où Baudelaire n’était qu’un dépressif toxicomane, qui se complaisait dans son malheur, Whitman célèbre la vie, l’amour, la nature et y apporte de l’espoir. Le poème qui apparaît s’intitule « chanson à moi-même » et au cas où vous ne seriez pas familier du personnage, c’est aussi une ode à la masturbation.
Dans Life of Chuck, il n’est pas question de cet aspect, mais d’un autre : « Me contredis-je ? Eh bien, je me contredis, (je suis vaste, je contiens des multitudes) ». Dans la version française, cela donne « je suis merveilleux, je contiens des multitudes ».
Il faut entendre merveilleux dans le sens mythique et cela rejoint l’interprétation de John B. Mason qui faisait du lecteur de Whitman une part d’un ensemble cosmique. Écrit ainsi, cela vous semble certainement très obscure. Vous comprendrez après avoir vu le film.
Le verdict
Life of Chuck se rapproche beaucoup de Cœurs perdus en Atlantide par sa dimension poétique, son humanisme et la place du merveilleux. Ce n’est pas du tout un film d’horreur et si on le classe ici en drame, c’est tout simplement parce qu’il n’y a pas de section fantastique.
Il n’est pas impossible qu’à la fin du film, vous sentiez les larmes venir doucement. Non pas que le film soit triste, mais, parce qu’il est beau et qu’il rappelle un point essentiel, qu’on retrouve beaucoup dans les philosophies religieuses asiatiques : ce n’est pas tant la ligne d’arrivée qui importe que le chemin qu’il y a à parcourir. On a parfaitement conscience que c’est très nébuleux, mais, au risque de devenir lourd, on ne veut pas vous dévoiler l’intrigue.
Pour le moment, le film n’est disponible qu’en DVD, mais, lorsque son accès se sera démocratisé, il pourrait trouver sa place dans les salles de classe, lors des cours de philosophie ou de lettres. Il y a l’aspect poétique, mais aussi la musique, qui compte énormément, tout comme la danse. Chaque génération pourra y trouver quelque chose. Les plus jeunes frissonneront quand Internet aura disparu, les adolescents s’interrogeront sur le changement climatique, les quadragénaires repenseront à leur enfance et les plus âgés regarderont certains passages avec nostalgie.
Il est difficile d’arriver à faire un film qui puisse parler à tout le monde. Mike Flanagan a parfaitement réussi, notamment parce qu’il s’est basé sur une histoire écrite par l’un des auteurs les plus talentueux de notre époque.
Life of Chuck est le plus beau film de l’année 2025.