The Virgin Suicides
Premier film de Sofia Coppola, The Virgin Suicides se veut être un film critiquant l’éducation rigoriste des filles. Malheureusement, la mise en scène est beaucoup trop ennuyeuse pour marquer les esprits.
Sommaire
Le scénario de The Virgin Suicides
Dans les années 70, la famille Lisbon coule des jours, en apparence, heureux, jusqu’au suicide de la plus jeune des filles : Cecilia. Après une première tentative ratée, sur les conseils d’un psychiatre, les parents vont accepter que leur progéniture côtoie des garçons.
Lors d’une première et unique boom, Cecilia se jette par la fenêtre. Ses sœurs tentent de continuer à vivre leur vie d’adolescente, en particulier, Lux, la plus délurée de la maison.
Mais, les choses vont changer après le bal de promo et l’une après l’autre, les sœurs vont suicider.
Un film creux
Les parents Lisbon sont très sévères et ont eu cinq filles. Comme tous les parents trop sévères, ils essaient de cadenasser leurs filles à la maison, pour éviter qu’elles n’aient des ennuis. Malheureusement, la libération sexuelle est passée par là et on ne peut pas garder des enfants sous cloche indéfiniment.
Le problème étant qu’en voulant critiquer une éducation stricte, Sofia Coppola passe totalement à côté de son sujet. L’histoire est racontée du point de vue d’un voisin, amoureux des filles Lisbon, comme tous ses copains et donne donc le point de vue d’un adolescent.
Sauf que si vous demandez à un adolescent ce qu’il pense d’une situation donnée, notamment sur l’éducation des parents, il va forcément dire que les parents sont trop stricts. La réalisatrice a voulu rester fidèle au livre éponyme, dont on ne garde pas plus de souvenirs que le film et rate sa cible.
Public indéfini
Le problème du film est qu’on ne sait pas à qui il s’adresse. On ne sait pas d’où vient le mal-être de Cecilia, le problème n’est jamais vraiment abordé, si ce n’est par une phrase lors d’un entretien avec le psychiatre. On ne sait pas plus pourquoi les filles se suicident alors même qu’elles ont la possibilité de s’échapper ou juste de se rebeller. En tant qu’adulte, on est frustré.
On ne comprend pas non plus pourquoi personne ne se pose de questions sur ce qui se passe dans cette maison, alors qu’on voit tous les voisins cancaner sur le compte de la famille Lisbon. Or, la question qu’on se pose est : le drame aurait-il pu être évité ?
On n’a aucune réponse et on ne comprend pas mieux les adolescents à la fin du film, d’autant que l’action se passe dans les années 70 et que les bêtises qu’ils font paraissent bien innocentes en 2025 ou même au début des années 2000. Quant aux garçons qui espionnent les filles Lisbon, à part en discuter entre eux, ils ne se disent jamais qu’il faudrait peut-être en parler à un adulte. Ce n’est donc pas un film pour les adultes ni pour les adolescents.
Le verdict
Comme le dit un internaute dans son avis, c’est un film contemplatif. Il ne se passe pas grand-chose, si ce n’est la venue de Trip Fontaine dans l’histoire. Toute l’intrigue est dévoilée dès les premières minutes, mais on reste sans réponse aux questions que l’on se pose. C’est probablement aussi une question d’époque, mais, quand tous les enfants d’une famille se suicident, on s’étonne que les parents n’aient pas été interrogés par la police ou les services sociaux. Certains y ont vu la critique d’une Amérique conservatrice et c’est assez probable. Pour autant, les parents sont quasiment inexistants dans le film. On ne parle presque jamais d’eux.
Mais, c’est surtout le film qui montre une forme de népotisme. Si Sofia Coppola avait eu un autre nom de famille, il est probable que le film n’aurait pas eu le même succès. Elle n’est pas au niveau de son père avec The Virgin Suicides.
Quelques éléments sauvent le film. La première est l’interprétation des acteurs, en particulier Kirsten Dunst et Josh Hartnett. La photographie est belle et lumineuse. Enfin, la musique est très bien choisie et nous permet de supporter les longueurs de ce film.
The Virgin Suicides est disponible jusqu’au 31 août 2025 sur Netflix, ainsi qu’en DVD.