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Peaky Blinders : l’immortel

La suite de la série, déclinée en un seul film, Peaky Blinders est enfin sortie sur Netflix. C’est une réussite.

Le scénario de Peaky Blinders : l’immortel

Thomas Shelby s’est retiré des affaires, de la politique et du monde. Il vit reclus dans une bâtisse délabrée avec la seule présence d’un ancien compagnon. À Birmingham, son fils Duke a repris le flambeau des affaires, faisant régner la terreur dans la ville.

En 1940, les nazis bombardent l’usine BSA, tuant les ouvrières et prévoient de renverser le pouvoir. Un émissaire nazi se rapproche de Duke pour qu’il participe au complot.

Mais, une série d’évènements va renverser les alliances et obliger Thomas Shelby à revenir chez lui.

On vous laisse volontairement dans le flou sur le reste de l’intrigue. À trop détailler, on risque de vous gâcher l’histoire.

Opération Bernhard et Small Heath

Le film s’ouvre sur le camp de concentration de Sachsenhausen. On y voit des prisonniers fabriquer des billets de banque britanniques. L’objectif était de faire s’effondrer l’économie britannique.

C’était l’opération Bernhard, qui a commencé au début de l’année 1940 et jusqu’en 1945, en deux phases. La page Wikipédia explique l’opération en détail. C’est le point d’appui historique du film, à partir duquel le scénariste a déroulé son histoire.

L’autre point historique est le bombardement par la Luftwaffe d’une usine d’armes. Le film est dédié aux ouvriers qui sont restés dans l’usine, pour continuer à produire des armes alors que les sirènes avaient retenti, exhortant la population à gagner les abris souterrains.

Comme toujours avec Steven Knight, à qui on doit aussi House of Guinness, le propos est globalement bien documenté, sans tomber dans le pensum historique.

Celui devait mourir

Dans la série, Thomas Shelby n’est pas jamais revenu des Flandres. Il est toujours dans les galeries souterraines, la guerre n’a jamais pris fin. Ce qui est montré avec finesse est la boucherie de la Première Guerre mondiale, qui n’a pas fracassé que les corps. Elle a abîmé les esprits de manière irréversible.

Il a fallu plusieurs conflits, dont le carnage du Vietnam, pour qu’on commence enfin à parler du stress post-traumatique des soldats. Thomas n’est pas débarrassé de son traumatisme et il le vit d’autant plus mal qu’autour de lui, il est le seul à vouloir mourir. Ceux qui l’entourent veulent vivre, mais ils sont fauchés.

Il y a une forme de poésie dans la figure de Thomas Shelby, que l’on retrouve beaucoup dans la littérature classique du XVIIIe et du XIXe siècle. La différence est que dans la littérature dont on parle, la plupart des personnages ne connaissent pas l’origine de leur mal-être. Celui de Thomas n’est pas fabriqué. Il n’est pas le résultat d’une indolence paresseuse, d’une mélancolie qui ne s’expliquerait pas. Son mal est réel et tangible.

Dans la série, son entourage l’empêchait de sombrer totalement et d’aller au bout de cette souffrance. Dans le film, il n’a plus de filet de sécurité et vit isolé depuis plusieurs années. Paradoxalement, c’est sa douleur qui va le ramener à la vie.

Le verdict

Certaines critiques n’ont pas été tendres avec Peak Blinders : l’immortel. En effet, le film est d’abord sorti au cinéma au début du mois de mars 2026 et Netflix l’a diffusé à partir du 20 mars 2026. La photographie est magnifique, les acteurs sont excellents, la bande sonore est bien choisie, l’histoire tient la route.

Alors, pourquoi les critiques n’ont pas toutes été élogieuses ? La fin a dû leur déplaire alors qu’en réalité, elle était écrite dès le premier épisode de la première saison. Elle est logique et en même temps, elle est grandiose, elle est poétique, elle est naturelle.

Comme dans la série, il y a une part de mysticisme, qui fait partie de la culture romani et dans le film, elle est très présente. Enfin, il est probable que l’absence de certains personnages ait déçu certains fans.

Néanmoins, on n’a pas vu les deux heures filer. L’action est toujours présente, il y a quelques scènes sanglantes qui ne sont pas pour nous déplaire. On avoue une affection particulière pour la scène du retour de Thomas Shelby au Garrison. On ne vous en dira pas plus. On vous encourage à le voir. Disponible sur Netflix pour le moment, il est possible qu’il sorte en DVD d’ici quelques mois.