Scream (1996)
Wes Craven est revenu sur le devant de la scène du cinéma d’horreur, avec la franchise Scream. Le premier volet nous fait découvrir une Scream Queen iconique : Sidney Prescott.
Sommaire
Le scénario de Scream
Casey Becker est seule chez elle quand un inconnu lui téléphone. Elle commence par flirter avec lui*, avant de se rendre compte qu’il est psychotique. Quelques minutes plus tard, elle est brutalement assassinée avec son petit ami.
Le lendemain, Sidney Prescott apprend la nouvelle grâce à sa meilleure amie Tatum, ce qui la fait replonger dans le cauchemar qu’elle a vécu l’année précédente : sa mère a été assassinée par son amant, Cotton Weary.
Mais, le soir même, Sidney comprend que le tueur de Casey est à ses trousses.
Le début d’une saga et d’un succès commercial
Wes Craven a donné corps à Scream en reprenant une vieille image du cinéma d’horreur : le tueur masqué. On l’avait vu dans Halloween et dans Massacre à la tronçonneuse. Les deux franchises étaient classées dans la catégorie gore et slasher, ce qui n’était pas exactement une classification tout public.
Ce qui a fonctionné avec Scream est que Wes Craven a assumé de faire un film d’horreur et qu’il rendait hommage au genre. Le film fourmille de mille références à d’autres classiques du genre, ce qui a parlé autant aux fans de films d’horreur classique qu’à ceux qui ne demandaient qu’à le devenir.
Wes Craven n’a pas non plus renié son travail précédent, puisqu’il fait plusieurs clins d’œil à un autre tueur iconique : Freddy Krueger. Deux légendes sont nées avec Scream : Ghostface et Sidney Prescott.
Ghostface, la nouvelle hantise
Le déguisement de Ghostface est très classique : il s’agit d’un banal travestissement que l’on pouvait trouver dans toutes les boutiques. Mais, Wes Craven a été largement dépassé par la popularité de sa nouvelle créature.
La raison est assez simple. D’une part, Ghostface n’est pas une entité unique comme pouvait l’être Freddy Krueger ou même le tueur de Massacre à la tronçonneuse. N’importe qui mettant le masque de Ghostface peut être Ghostface.
On a — à tort — attribué à Scream une vague de violences de la part des adolescents, oubliant que les États-Unis sont un pays profondément violent par essence et que les adolescents n’ont pas attendu un film d’horreur pour tuer d’autres personnes. Par ailleurs, Williamson s’est inspiré d’une série de meurtres qui avaient eu lieu quelques années auparavant. Ne cliquez pas sur le lien si vous n’avez jamais vu Scream : il donne l’identité de Ghostface.
Sidney Prescott, la nouvelle Scream Queen
Dans le cinéma d’horreur, les femmes tiennent une grande place. On caricature souvent le cinéma de genre, en réduisant les femmes aux rôles de victimes idiotes, qui se réfugient dans des greniers pour échapper aux tueurs.
S’il est vrai que beaucoup de séries B ont donné dans cet écueil, les véritables classiques du genre ont fait exactement le contraire. Laurie Strode, largement citée dans Scream, est la première Scream Queen. On peut aussi citer toutes les héroïnes d’American Horror Story, celles de la Purge ou même celles de la saga Freddy Krueger.
Une Scream Queen est donc une héroïne de films d’horreur, mais qui ne se contente pas de hurler. Elle se défend contre le tueur. Sidney a parlé à beaucoup de fans. D’une part, Neve Campbell ne répondait pas du tout aux canons de beauté des années 90, à savoir blonde avec une poitrine imposante et maquillée à l’excès. C’est une girl next door sympathique, mais, assez renfermée. Elle finit par avoir le dessus, quand elle décide de se rebeller. Wes Craven a cassé un code implicite : celui de la victime bien sage.
Le verdict
On conseille souvent aux débutants en films d’horreur de commencer par Scream. Tout d’abord, il est assez peu effrayant, même pour un slasher mettant en scène un tueur inconnu. Par ailleurs, il est assez peu gore. Wes Craven nous a déjà gratifiés de films beaucoup plus difficiles visuellement parlant.
L’histoire tient globalement la route, mais n’échappe pas à une toute petite incohérence. Lorsque l’un des personnages est poignardé, on apprend par la suite que le sang était factice. Mais, vu l’action précédente, il n’était pas possible de cacher des poches de faux sang.
En dehors de cette petite incohérence, le premier Scream reste un classique, qui ouvrira la voie à d’autres slashers des années 90 et qui fera connaître Wes Craven à toute une génération, qui n’avait pas connu Freddy Krueger.
Le premier Scream n’est pas disponible gratuitement en streaming et vous le trouverez en occasion en DVD. Par contre, il existe un coffret qui réunit les six films de la franchise.
*Dans les premières minutes, Casey dit une phrase, dans la version française, qui doit sembler obscure aux plus jeunes « vous avez 36 15 pour ça ». Il s’agit d’une référence au système de messagerie, via le Minitel. Le 36 15 était le numéro le plus couramment utilisé, suivi de lettres.