American Nightmare
Premier opus d’une franchise au succès fracassant, American Nightmare (The Purge) nous plonge dans une Amérique dystopique et massacrante.
Sommaire
Le scénario d’American Nightmare
Suite à une révolution, les Nouveaux Pères Fondateurs ont instauré une mesure : une nuit par an, tous les Américains ont le droit de « purger ». Ils peuvent commettre tous les crimes et délits qu’ils souhaitent en toute impunité.
James Sandin est vendeur de systèmes de sécurité. Sa prospérité fait des envieux dans son voisinage huppé. La nuit de la purge, il se barricade avec sa famille.
Mais, un homme pourchassé par une horde de purgeurs vient demander refuge chez lui.
Nouveau contrat social
La question centrale de la purge n’est pas la violence gratuite dont l’humain est capable de faire preuve ni même l’impunité lorsque l’on commet des crimes, mais bien le contrat social.
Dans l’introduction, on nous présente une Amérique en 2022, débarrassée du chômage et de la criminalité, grâce à la purge. Cette mesure a été proclamée par les Nouveaux Pères Fondateurs comme une monnaie d’échange. Vous pouvez faire tout ce que vous voulez une nuit par an, sans en subir les conséquences judiciaires. Mais, en échange, vous devez travail, respect et prospérité à votre pays.
L’avènement des Nouveaux Pères Fondateurs est-il le fruit d’un coup d’État ? Non et on s’en rend compte dans les premières minutes du film. James est au volant de sa voiture, en écoutant un talk-show à la radio. Tous les intervenants parlent de démocratie, de liberté d’expression, de Constitution. D’ailleurs, dans un coup d’État, ce sont les forces de l’ordre qui sont en première ligne.
Or, dans le film, elles sont totalement absentes. C’est bien par la démocratie que les Nouveaux Pères Fondateurs et la purge sont arrivés en Amérique.
Le sous-texte racial
Les Sandin sont une famille blanche et prospère, vivant dans une banlieue huppée, qui finissent par secourir un homme afro-américain, présenté par les purgeurs comme un SDF. Le sous-entendu est clair et même dit explicitement dans le film : la purge sert à éliminer de la société les éléments les plus faibles et les plus inutiles.
Mais, dans ce premier volet, il est plus sous-entendu que réellement mis en avant, contrairement au deuxième opus, qui est largement plus explicite.
C’est surtout la jalousie qui est mise en avant, comme un pied de nez à une coutume typiquement américaine : faire comme le voisin. Appelons-le Jim. Jim achète une grosse voiture ? Je dois acheter une grosse voiture. Jim emmène sa famille en vacances à Hawaï ? Je dois emmener ma famille en vacances à Hawaï. L’Américain moyen est guidé — qu’il le veuille au nom — par une course à la réussite sociale, qui se traduit nécessairement par une lutte effrénée pour gagner plus d’argent.
C’est ce qui causera la perte des Sandin.
Le verdict
American Nightmare est bien gore, a un rythme rapide et aborde assez bien les principales thématiques évoquées ci-dessus.
Le jeu des acteurs est plutôt convaincant, qu’il s’agisse des purgeurs ou des victimes. Le plus intéressant et c’est aussi ce qui explique le succès, d’abord de ce film puis de toute la franchise est qu’il met en scène des gens parfaitement ordinaires. Dans la plupart des slashers, les tueurs sont des marginaux ou des psychopathes. Ici, on peut être tué par son voisin, qui nous a offert des cookies le matin même.
Est-ce un film politique ? Si on peut y trouver des références intéressantes, il faut se garder de faire dire à ce film ce qu’il ne dit pas. N’oublions pas qu’il est sorti en 2013, soit durant la seconde présidence de Barack Obama. Le transposer pour le faire coller aux deux présidences de Donald Trump serait une grossière erreur d’analyse.
American Nightmare n’est pas disponible gratuitement en streaming. Mais, vous pouvez retrouver l’intégrale des cinq films en DVD, à un prix extrêmement raisonnable.