Horreur

Scream 2

Le deuxième volet de Scream, Scream 2, joue toujours avec les codes du cinéma d’horreur, mais, décide d’aller plus loin, aussi bien graphiquement que philosophiquement.

Le scénario de Scream 2

Nous sommes au moins un an après les massacres de Woodsboro. Gale Weathers a sorti son livre et un film a même été fait. Lors de la première de ce dernier, un couple est massacré dans le cinéma, dont une femme devant tous les spectateurs.

Sidney est étudiante à la fac, avec Randy et s’insère petit à petit dans la vie étudiante. Mais, le meurtre de ses deux camarades va réveiller des souvenirs et faire revenir trois personnes dans sa vie.

La première est évidemment Gale Weathers, qui saute sur l’occasion pour parfaire sa réputation de journaliste. La deuxième est Dewey, le grand-frère d’adoption de Sidney et Randy qui s’inquiètent pour ses amis. La troisième personne est Cotton Weary, qui veut voir sa réputation lavée de tout soupçon.

Critique de la société du spectacle

Wes Craven a adopté un parti-pris qu’on ne peut que trouver juste en 2025. Même un meurtre est devenu un objet de divertissement. En 1997, lorsque le film est sorti, le propos pouvait sembler choquant, indécent et même pornographique.

Peut-être avait-il anticipé la révolution technologique et l’accès en haut-débit à Internet, car, lorsque les spectateurs du cinéma voient le cadavre de l’étudiante, qui a été massacrée juste à côté d’eux, ils ne réagissent absolument. Pire encore, plus tard dans le film, quand Cici est tuée, le premier réflexe de ces « sœurs » de fraternité est d’aller sur place pour voir le cadavre. L’une d’entre elle peste même parce qu’elle a oublié de prendre son verre.

Depuis, nous avons les chaînes d’information en continu qui nous gavent des faits divers les plus sanglants et les internautes qui postent des images de cadavres tous les jours, sans que ça émeuve quiconque. La réalité est qu’une partie de la population est devenue insensible à l’horreur.

« Pousse-toi de là que je m’y mette »

Il y a un autre personnage qui en prend plein la figure, c’est Gale Weathers. Même si Sidney est reconnaissante envers cette dernière qui lui a sauvé la vie, elle lui en veut toujours un peu. Celui qui est le plus furieux est évidemment Dewey.

On comprend qu’ils n’ont pas poursuivi leur relation après le premier chapitre, mais, ce que Dewey lui reproche le plus, c’est la description qui est faite de lui dans le livre de Gale. Il n’hésite pas à lui dire ce qu’il pense, à savoir qu’elle est une opportuniste avide de gloriole, qui n’hésite pas à marcher sur les autres si ça peut la servir.

Mais, derrière ce propos assez salé, il y a autre chose de très vrai. Gale dit à son cameraman qu’on [comprendre les journalistes] n’est pas payé pour être gentil. Elle a parfaitement raison. Le journalisme est un métier d’élite dans le sens où, il faut être capable de se constituer un carnet d’adresses et de marcher sur les autres, si on n’a pas de la famille déjà en place. Il y a peu de places et un nombre incalculable de candidats. Donc, oui, Gale a raison : il faut laisser sa conscience au vestiaire par moments.

Le verdict

C’est toujours la grande question avec les suites. Le deuxième volet sera-t-il à la hauteur du premier ? Craven a décidé de faire preuve d’humour sur ce sujet et se paie le luxe de filmer une discussion qui porte justement sur les suites de films, laissant entrevoir que Scream sera une trilogie.

Dans l’ensemble, l’histoire se tient, sans incohérence, contrairement au premier qui en présentait une petite. Les personnages ont mûri et le rythme est assez rapide pour qu’il n’y ait pas de temps mort. Craven joue aussi sur le débat éculé « la violence à l’écran engendre-t-elle de la violence dans la vraie vie ? ».

Scream 2 n’est pas disponible en streaming, mais vous pourrez le trouver en DVD.