Horreur

Mara

Film d’horreur qui n’est pas sans rappeler la saga des Freddy Krueger en raison de sa thématique, Mara risque de vous empêcher de dormir. Attention : cette chronique révèle quelques éléments-clefs de l’intrigue.

Le scénario de Mara

Kate est psychiatre. Dans le cadre de son activité professionnelle, elle est amenée à travailler avec les forces de l’ordre. Elle est appelée sur une scène de crime : la principale suspecte explique qu’un démon a tué son mari.

L’inspecteur McCarthy n’y croit pas un seul instant, la trouvant passablement délirante et pousse Kate à établir un diagnostic au plus vite. Sous la pression, Kate fait interner la suspecte dans une unité psychiatrique et la sépare de sa fille.

Mais, les cauchemars dont elle parle, vont commencer la hanter à son tour. Elle comprend qu’elle n’a qu’une solution : trouver ce qui tourmente la suspecte, avant de finir comme elle.

La paralysie du sommeil : un mythe vieux comme le monde

Dans le film, Kate évoque le cas des Hmong, ces réfugiés qui sont morts subitement durant leur sommeil. Cette histoire avait largement inspiré Wes Craven pour son chef-d’œuvre, les griffes de la nuit.

Dans Mara, on pourrait penser que c’est une entité appartement à la démonologie chrétienne qui est exploitée : l’incube ou le succube. À une différence près : ces deux entités ont une connotation sexuelle. Elles viennent durant le sommeil de leurs victimes, abuser d’elles, aussi bien les hommes que les femmes.

Dans le film, ce n’est pas le cas puisque l’entité démoniaque se contente de se coucher sur la poitrine de sa victime pour finalement la tuer par étouffement. Le mara ou le marh tire son origine des mythes scandinaves, antérieurs à la christianisation. On trouve assez peu de sources sur ce démon, une partie des mythes de cette époque ayant été transmis oralement.

Des variantes géographiques

En creusant un peu, on se rend compte qu’il existe des variantes dans quasiment tous les pays et tous les continents d’entités démoniaques qui étouffent leurs victimes durant leur sommeil. Au Japon, on les appelle kanashibari. Les premières traces remontent aux années 700.

Au Maroc, cela s’appelle « Boughattat », on retrouve des termes similaires au Mexique, en Turquie ou encore chez les Inuits ou au Canada. Contrairement à la démonologie occidentale chrétienne, il n’y a pas de connotation sexuelle.

Cela est plus proche du film, car toutes les victimes sont victimes d’une forme de paralysie du sommeil — générée par le démon — sans distinction de sexe, d’âge ou d’origine ethnique. La seule persistance est la culpabilité. Le film fait coïncider les croyances populaires — un démon qui peut nous tuer dans notre sommeil — et l’approche psychologique — une faute qu’on a commise et qui nous tourmente au point de nous empêcher de dormir.

Le verdict

Mara est un bon film, particulièrement adapté aux débutants en films d’horreur. Il n’y a pas trop de jump-scares et le démon est plutôt effrayant, même si certaines scènes sont quelque peu téléphonées et évidentes. Les gros consommateurs de films d’horreur risquent d’être un peu frustrés, bien que le film se laisse agréablement regarder.

Il n’y a pas de scènes gores ou sanguinolentes, le film privilégie une approche plus psychologique de la peur, avec quelques détails visuels assez évocateurs comme la façon dont les corps sont découverts après leur mort.

Les acteurs sont globalement bons, on apprécie en particulier le personnage de Dougie, qui essaie tant bien que mal de se faire comprendre, mais qui n’y arrive pas. Le film fait un clin d’œil à son illustre prédécesseur, à savoir les Griffes de la nuit. La bande-son est plutôt discrète, mais la photographie est parfois un peu trop sombre.

Mara est disponible en DVD, mais également sur la plateforme vidéo d’Amazon.