Drame

Skin (2018)

Basé sur la vie de Byron Pitbull Widner, Skin raconte comment un néonazi a décidé de tourner le dos à son gang suprématiste et aux convictions de cette dernière.

Le scénario de Skin

Bryon Widner est un trentenaire, qui appartient à un groupuscule néonazi : le Vinlanders Social Club. Lors du Nordic Fest, il fait la rencontre de Julie, une mère célibataire de trois enfants, qui a tourné le dos aux mouvements suprémacistes.

Une relation se noue et petit à petit, Byron s’interroge sur ses convictions. Après l’incendie d’une mosquée, il décide de quitter le Vilanders Social Club et de se construire une nouvelle vie.

Mais, les choses sont parfois plus difficiles qu’elles n’y paraissent.

La véritable histoire de Byron Widner

Byron Widner était un gamin totalement paumé, qui s’est retrouvé enrôlé dans un groupe néonazi vers 14 ans. Déscolarisé et en rupture familiale, il est tombé sous la coupe de personnes plus matures. Dans une interview du Daily Herald d’Arlington Heights (banlieue de Chicago), du 5 novembre 2011, il explique que l’appartenance à ce groupe n’était pas motivée par des convictions racistes. Le mouvement lui a apporté un sentiment d’appartenance à quelque chose, une tribu, une fraternité, quelque chose qu’il n’avait jamais expérimenté étant gamin.

C’était aussi le cas de Julie Miller. Venant elle aussi d’un foyer désuni, son père était membre d’un autre groupe néonazi. Elle tombe enceinte adolescente, quitte l’école puis a deux autres enfants très jeunes, avec un néonazi.

Byron et Julie se rencontrent lors du Nordic Fest. Ils se fréquentent, d’abord par téléphone durant de longs mois, puis se rencontrent. Ils se marient quelques mois plus tard et décident de tourner le dos ensemble au Vinlanders Social Club. Le mouvement ne le laisse pas partir facilement et une nuit, Byron a un accident grave.

Une cellule de lutte contre la haine au secours d’un ancien néonazi

La seconde partie du film est aussi véridique : c’est bien un groupe de lutte contre la haine qui aidera Byron. En échange d’informations sur le groupe, le SPLC (Southern Poverty Law Center) l’aidera à démarrer une nouvelle vie. Les membres du groupe Vinlanders sont arrêtés.

Byron subira de nombreuses interventions au laser pour enlever tous les tatouages qu’il a faits, dont certaines sous anesthésie générale, tant les opérations étaient douloureuses. Il restera très proche de Daryle Lamont Jenkins.

Mais, le film oublie de montrer la « fin » de l’histoire : en 2016, Julie Miller a quitté Byron, qu’elle accusait de violences intrafamiliales et s’est réfugiée au Canada. Elle y demande l’asile, mais, en 2024, son dernier recours est rejeté et elle est sous le coup d’une expulsion. Depuis, on ne sait pas ce qu’elle est devenue.

L’endoctrinement

Le point intéressant du film n’est pas le changement d’état d’esprit de Byron. On l’avait déjà plus ou moins vu dans American History X. Le film s’attarde assez peu sur ce point, par rapport à la lente évolution du couple dans la réalité. Le point intéressant est l’endoctrinement du jeune Gavin.

Gamin des rues, lui aussi totalement perdu, il est approché par Fred « Hammer » Krager, qui lui offre un toit, à manger et une famille. Cette partie du film a été écrite sur la base des déclarations de Byron à Guy Nattiv.

Les groupes suprémacistes, comme les sectes, comme les narcotrafiquants, ciblent en priorité les jeunes socialement et économiquement fragiles, qui sont littéralement de la chair à canon. S’ils se font tuer, personne ne va les pleurer. S’ils se font arrêter, du fait de leur minorité, ils sont moins punis et s’ils arrivent à l’âge adulte, ils sont totalement reconnaissants d’avoir été sortis de la rue, qu’ils ne vont pas se rebeller.

Le verdict

Skin est un film assez intéressant, même si le montage final est un peu laborieux par moments. Le film se concentre sur Byron, mais, dans la véritable histoire, le fait de quitter la mouvance néonazie était une décision commune au couple et elle n’a pas été aussi « rapide » que cela.

Par ailleurs, Julie est présentée comme ayant déjà pris ses distances avec ce mouvement, alors qu’au moment où elle rencontre Byron, elle est affilée à un groupuscule du même type, qu’elle y a milité et durant de nombreuses années.

Néanmoins, en dépit de ces quelques arrangements avec la réalité, Skin est un bon film, intéressant, qui aurait certainement eu une meilleure couverture médiatique si le distributeur du film n’avait pas été une poule mouillée.

On découvre Vera Farmiga, alias Lorraine Warren, dans un rôle de méchante, qui lui va plutôt bien. Skin est disponible en DVD ainsi que sur HBO.