Horreur

L’élue

Réalisé par Oz Perkins, le film l’élue semble être un travail d’étudiant, qui n’aurait pas fini son TD avant la date limite. Attention : cette chronique révèle des éléments-clefs de l’intrigue.

Le scénario de l’Élue

Liz est en couple depuis un an avec Malcolm, un médecin. Pour fêter cet anniversaire, il propose de passer le week-end dans son chalet, quelque part à la campagne.

Fille de la ville, Liz accepte. D’abord moyennement emballée, elle commence à trouver ses marques, même si la maison la met mal à l’aise.

Puis, Malcolm doit s’absenter, la laissant seule. L’inquiétude grandit. Quelque chose de bizarre se passe dans cette maison.

Cruche

Une minette qui passe le week-end avec son petit-ami dans un endroit totalement paumé, sans voiture ni voisinage, voilà une trame très classique pour un film d’horreur. Sauf que dans l’élue, la minette en question doit avoir une bonne trentaine d’années voire la quarantaine et que son petit-ami est dans la même tranche d’âge.

Or, s’il y a des âneries que l’on peut faire à 20 ans, par manque de maturité, d’expérience ou d’entourage, cela est déjà beaucoup moins crédible à 30 ans ou 40 ans. D’autant que Liz est vaguement artiste-peintre et qu’on peut donc supposer qu’elle a une certaine connaissance de la vie.

Tout au long du film, on nous montre des « indices » qui nous font nous demander : en fait, qu’est-ce que vous foutez ensemble ? Vous ne couchez pas ensemble, manifestement Liz n’est jamais allée à son appartement et Malcolm ne sait pas qu’elle n’aime pas le chocolat ni le beige. Autant d’éléments qui peuvent passer dans les premières semaines d’une relation, mais, pas au bout d’un an.

Sacrifice

On vous le dit tout de suite : Liz est amenée dans ce chalet pour être sacrifiée afin que Malcolm puisse continuer à vivre. Pourquoi ? Comment ? À la fin du film, on n’avait toujours pas compris s’il s’agissait d’une malédiction, d’un échange de bons procédés, d’un rituel sectaire.

Perkins a voulu jouer sur plusieurs tableaux en même temps, sans vraiment trop de fatiguer. Au début, on pense qu’on est face à des fantômes, puis on pense à une secte ou même à une bande comme dans les Intrus pour finir par le sacrifice humain.

Comble de l’absurdité, la malédiction finit par être « renversée », mais toujours en nous laissant dans un flou artistique. Résultat, lorsque le générique arrive, on est perplexe : que vient-il de se passer ? Il a fallu aller chercher sur d’autres sites pour comprendre la fin, tant le film est laborieux et nous fait décrocher immédiatement.

Cruche bis

Lorsque Malcolm dévoile à Liz son plan, consistant à la sacrifier, quelle est sa réaction ? Elle pleure et le supplie. On admettra que c’est parce qu’on a vu beaucoup de films et pas uniquement d’horreur, mais, notre premier réflexe ne serait pas forcément de pleurnicher.

D’une part, Liz a un téléphone portable, elle pourrait essayer d’appeler la police. Si son téléphone n’est pas à proximité, elle pourrait aller dans la cuisine et attraper le hachoir à viande ou même balancer dans la figure de Malcolm n’importe quel objet un peu lourd et massif.

Quelqu’un devrait signaler à Perkins que depuis que Psychose, les femmes sont parfaitement capables de se défendre.

Le verdict

On se demande s’il n’y avait pas un mouvement de grève au moment du tournage : grève des scénaristes tant le dialogue est absent, grève des maquilleurs, grève des costumiers. Apparemment, c’était trop demandé d’avoir des acteurs un peu attirants. L’interprète de Malcolm ne tient pas la route. Même s’il est médecin, il n’a pas du tout le physique qui fait tourner la tête. Quant à Liz, on a l’impression qu’elle vient de lessiver son appartement.

On aurait pu passer outre ces détails purement esthétiques si le scénario était au rendez-vous. Sauf que l’écriture est paresseuse et sans intérêt. On attend quasiment une heure avant qu’il ne se passe quelque chose. L’un des personnages disparaît en plein milieu sans qu’on ne sache comment ni pourquoi.

Si les créatures sont intéressantes visuellement, on aurait aimé les voir plus tôt et plus vite. On ne dédaigne pas les films qui font monter l’angoisse progressivement ou les scènes d’horreur implicites, mais il faut un certain talent. L’élue n’est ni fait ni à faire.

L’élue est disponible en DVD, mais vous pouvez amplement attendre qu’il soit mis en ligne sur une plateforme de streaming.