American Crime Story : Impeachment
La troisième et dernière saison d’American Crime Story revient sur l’affaire Monia Lewinsky, qui allait aboutir à une procédure d’impeachment à l’encontre du président Bill Clinton.
Sommaire
Le scénario d’American Crime Story : Impeachment
La série débute par le suicide de Vince Foster et la mutation au Pentagone de Linda Tripp. Précédemment secrétaire à la Maison-Blanche, après la mort de Vince Foster, elle est « rétrogradée » au Pentagone, avec une augmentation annuelle de 20 000 $.
Amère et aigrie, elle cherche à nuire aux époux Clinton. Elle sympathise avec une jeune femme, travaillant, elle aussi, à la Maison-Blanche avant d’être mutée au Pentagone : Monica Lewinsky. Lui faisant confiance, Monica lui confie qu’elle entretient une liaison avec Bill Clinton.
Sur les conseils d’une amie éditrice, Linda Tripp va enregistrer les conversations téléphoniques qu’elle a avec Monica, contacter les avocats de Paula Jones, qui poursuit le président pour harcèlement sexuel et finalement, tout raconter à l’équipe de Kenneth Starr, qui cherche à poursuivre Bill et Hilary Clinton.
C’est le début du cauchemar pour Monica Lewinsky.
Une jeune fille douce et naïve
Il était temps que le nom de Monica Lewinsky soit réhabilité, après avoir été traîné dans la boue durant des années. Les évènements se déroulent au début de la démocratisation d’Internet et Monica Lewinsky a été la femme la plus virale à ce jour. Son histoire intime a non seulement fait le tour des États-Unis, mais, du monde entier.
La série nous montre une gamine d’une vingtaine d’années, assez naïve, mal dans sa peau, qui se retrouve sous l’emprise de deux personnes assez malsaines. La première est évidemment Bill Clinton et sans vouloir donner dans la pudibonderie, il est évident qu’il a oublié qu’il était président au moment où il a entamé une liaison avec Monica.
La seconde est Linda Tripp. Lors de son audition devant le grand jury, elle dit qu’elle a enregistré les conversations avec Monica, dans le but de la libérer de l’emprise que Bill avait sur elle. Elle se ment à elle-même : la seule personne qu’elle voulait aider, c’est elle, quitte à jeter Monica dans la fosse à serpents.
Quoi qu’on pense de la liaison de Bill et Monica, il convient de rappeler un élément important : ils étaient tous les deux majeurs et consentants. Est-ce opportun ? Probablement non. Est-ce un scandale d’État, comme le soutenaient Linda Tripp et Ann Coulter ? Certainement pas et en 2025, on regrette les gaudrioles de la Maison-Blanche, lorsque l’on regarde qui est l’actuel locataire.
Les féministes aux abonnées absentes
L’un des points les plus frappants dans la série, qui est malheureusement véridique, est l’absence totale de soutien des féministes, non seulement envers Monica Lewinsky, mais aussi Linda Tripp. On voit aussi cette absence de soutien dans la première saison d’American Crime Story.
Que reprochait-on à Monica ? D’avoir eu une liaison. Pour la punir, on a étalé sa vie privée en intégralité dans tous les journaux du pays, pour ne pas dire du monde, mais, également, toutes les rencontres avec Bill Clinton, y compris dans ses aspects les plus intimes. On s’est moqué d’elle, on a raillé son physique, on l’a réellement maltraité alors qu’elle n’avait rien fait de mal. C’est la Lettre écarlate, puissance atomique.
Quant à Linda Tripp, ce n’est pas tant son attitude très déloyale qui a été critiquée que son physique. On l’a montré obèse, alcoolique, déformée. Mais, on a plus parlé de son physique que des faits qui ont démoli la vie de Monica Lewinsky. On a occulté sa cabale envers les Clinton et pire encore : elle a conservé sa retraite à taux plein, n’a pas été condamnée pour les enregistrements illégaux et a refait très tranquillement sa vie. Ce que n’a jamais pu faire Monica Lewinsky.
Paula Jones a été un peu soutenue, notamment par des sphères très conservatrices, qui ont voulu la façonner et en faire une victime idéale. Mais, quand elle perdra son procès contre Bill Clinton — ayant refusé un arrangement à l’amiable sur l’insistance de son mari — tout le monde la lâchera en rase campagne. On se console en espérant que si une telle affaire survenait aujourd’hui, Monica et Paula auraient plus de soutien.
Le verdict
American Crime Story : Impeachment est une excellente saison. Sarah Paulson, qui incarne Linda Tripp, est méconnaissable, au point que si on ne voit pas son nom au générique, on ne sait pas qu’elle joue Linda Tripp.
Clive Owen campe un Bill Clinton très inquiétant, montrant les aspects les plus sombres du personnage et c’est très rafraîchissant. Beanie Feldstein rend extrêmement bien la fragilité et la naïveté de Monica Lewinsky. Il faut dire que la principale concernée est à la production et que grâce à la documentation particulièrement exhaustive qui a été faite, certaines scènes ont pu être reconstituées.
Aujourd’hui, elle peut relever la tête, mais le déchaînement médiatique sur cette jeune femme paraît tellement démesuré aujourd’hui. On l’a traité comme une criminelle et la série le montre bien. Cette série est presque un documentaire. Les Clinton ne se sont pas exprimés sur la série et n’ont pas participé à sa conception. Ce n’est pas un défaut : ils avaient déjà donné leur version des faits et leur point de vue.
Cette saison doit absolument être vue par toutes les personnes qui étaient trop jeunes pour se souvenir de l’affaire Lewinsky ou qui n’étaient pas nées. American Crime Story : Impeachment est disponible sur Disney+.