Horreur

Chucky, la poupée de sang

Deux ans après les meurtres sanglants de Chucky, on retrouve le petit Andy dans une famille d’accueil, toujours poursuivi par l’insatiable poupée tueuse.

Le scénario de Chucky, la poupée de sang

Andy a maintenant huit ans. Après les évènements curieux survenus il y a deux ans, sa mère a été internée en psychiatrie et le petit Andy atterrit dans une famille d’accueil, en compagnie de Kyle, une adolescente à problèmes.

Mais, Chucky revient à la vie et il poursuit toujours son but : trouver Andy pour redevenir humain.

Autour d’Andy, les cadavres s’accumulent, mais, personne ne croit à son histoire, à savoir que cette poupée Brave gars qui a l’air si innocente, puisse être à l’origine de ces tueries.

Jusqu’au moment où ils se retrouvent en face de lui.

L’industrie cinématographique dans toute sa splendeur

Pourquoi faire un deuxième Chucky, à peine un an après la sortie du premier ? Pour l’argent. Le premier épisode était un film à petit budget qui a fait un véritable carton. Donc, suivant la logique des studios de l’époque, ils ont lancé le deuxième sans même se demander si l’équipe serait d’accord. On avait vu ça avec Freddy.

Résultat, si Tom Mancini a rempilé, Tom Holland a claqué la porte, remplacé par John Lafia et le scénario a été écrit plus ou moins à la hâte. Il n’y a pas que Chucky qui a subi ce traitement. Beaucoup d’autres franchises ont eu droit à la même précipitation et ont connu plus ou moins de succès.

La différence est que Mancini a toujours rêvé de transformer Chucky en franchise, donc il a sauté à pieds joints dans l’aventure.

Pire encore : il fallait être encore plus rentable. Dès lors, Catherine Hicks et Chris Sarandon, qui apparaissaient dans le premier volet, n’ont pas été renouvelées, car leurs cachets étaient trop chers. Mancini lui-même n’est pas un grand fan du film, qu’il trouve beaucoup trop similaire dans sa structure au premier volet, sans réelle volonté de réinvention radicale.

Chucky, l’alter ego d’Andy ?

Andy est assez renfermé sur lui-même. Il n’a plus sa maman auprès de lui, on l’a changé d’école, il est mal à l’aise dans sa famille d’accueil et son institutrice est une ordure. En fait, on a une autre épithète qui vient à l’esprit pour la qualifier. Aussi choquant que cela puisse paraître à la jeune génération, dans les années 80 et 90, ce n’était pas rare que les instituteurs frappent les enfants, surtout les plus petits. Avec les portables, les réseaux sociaux et la libération de la parole, c’est beaucoup moins le cas aujourd’hui.

L’institutrice d’Andy le bat, l’enferme dans un placard et la scène fait mal au cœur, notamment quand on a eu une institutrice de CP qui vous a frappé, tiré les cheveux et les oreilles. On lui souhaite d’avoir une infirmière en EHPAD qui sera aussi sadique qu’elle l’a été avec des petits.

C’est donc tout naturellement qu’on est soulagé lorsque Chucky la dézingue et on s’interroge : Chucky est-il un jumeau maléfique d’Andy ? Le cinéma d’horreur et la littérature fourmillent d’exemples de ce type et si on se souvient du scénario original de Mancini, Andy devait tuer.

De son côté, John Lafia a apporté son propre univers, à savoir celui des foyers d’accueil, dans une version qui reste néanmoins « acceptable » pour le grand public. Et même si l’absence de Catherine Hicks est purement budgétaire, cela permet au personnage d’Andy de curieusement gagner en maturité. L’arc psychiatrique sera d’ailleurs réutilisé plus tard dans la saga.

Le verdict

Ce deuxième volet a été fait un peu à la hâte et ça sent tout simplement dans le personnage d’Andy, interprété par Alex Vincent. En 1988, lors du premier épisode, il a quatre ans et deux ans plus, seulement six ans. Or, dans le film, il a deux ans de plus et on voit la différence entre un bout de chou de six ans et un autre de huit ans. Pour autant, il y a une vraie maturité dans son personnage, qu’il interprète extrêmement bien.

L’autre vedette est évidemment Brad Dourif. Ce n’est pas si simple d’arriver à faire peur en jouant une banale poupée, produite à grande échelle pour inonder tous les États-Unis. Néanmoins, cela fonctionne et le scénario est assez cohérent. Tout au plus, peut-on déplorer l’abandon temporaire, d’un point de scénario qui était présent dans le premier volet et qui est amenuisé dans le second. Pour autant, cela n’enlève rien à l’histoire. Brad Dourif est certainement l’un des acteurs dont on reconnaît d’abord la voix avant de le reconnaître physiquement.

Comme le premier épisode, le film n’est pas effrayant et reste très accessible aux débutants. En dépit de son âge, il a bien vieilli et on retrouvera certains personnages dans la « troisième » partie de la franchise ainsi que dans la série. En fait, la scène la plus effrayante est celle dans laquelle l’institutrice martyrise le petit Andy.

Malheureusement, Chucky, la poupée de sang n’est pas disponible en streaming, mais vous pourrez le trouver en DVD.