Jeu d’enfant (1988)
Premier d’une longue série, Jeu d’enfant nous fait découvrir l’une des figures les plus mythiques du cinéma d’horreur : Chucky.
Sommaire
Le scénario de Jeu d’enfant
Andy Barclay vient tout juste avoir six ans. Il vit seul avec sa mère, Elisabeth, depuis le décès de son père. Il est absolument fan d’une franchise de dessins animés et de jouets qui s’appelle Good Guy.
Pour son anniversaire, il aimerait beaucoup avoir une poupée Good Guy (Brave gars dans la version française). Ne pouvant pas lui résister, sa mère arrive à lui trouver une poupée au marché noir pour 50 $ (137 $ aujourd’hui).
Andy est ravi, d’autant que sa poupée semble avoir un petit plus : elle lui dit des choses qui ne paraissent pas être programmées. Il a d’autant plus besoin de sa poupée pour le consoler, que sa baby-sitter et meilleure amie de sa mère décède très brutalement.
Le brave gars est-il aussi brave que cela ?
La naissance d’un mythe
Don Mancini a trouvé son inspiration pour Chucky grâce à son père. Il travaillait dans la publicité et son objectif était de vendre absolument tout et n’importe quoi, notamment à des enfants. Donc, on créait des collections entières de produits pour alpaguer les enfants : jouets, vêtements, dessins animés, bandes dessinées, etc.
Sa deuxième source d’inspiration a été les grands tueurs. Don Mancini est né dans les années 60. Il a donc connu le battage médiatique autour de Charles Manson, mais aussi autour de Lee Harvey Oswald et James Earl Ray. Si les années 60 sont un âge d’or aux États-Unis, le massacre de Sharon Tate, suivi de l’arrestation de Charles Manson marque la fin de l’innocence.
Enfin, la troisième source d’inspiration est la satire. Don Mancini ne voulait pas simplement faire un film d’horreur, qui fasse peur. Il voulait réellement écrire une satire sociétale et ce premier opus est une ébauche aboutie d’un scénario qu’il avait écrit lorsqu’il était étudiant à UCLA et qu’il voulait se moquer des produits franchisés destinés aux enfants dans les années 80 tels que la poupée Patouf.
Évidemment, en 2025, cela prête à sourire quand on voit la longévité de la franchise des Chucky. On a envie de dire que Chucky ne veut pas mourir.
Le verdict
Même en 1988, date de sa sortie, Jeu d’enfant ne faisait pas peur. Ce n’était pas vraiment son but. On est plutôt sur l’utilisation du cinéma d’horreur pour apporter une critique de la société, ici, de la société de consommation. Pour l’époque, c’était assez novateur et c’était plutôt bien pensé. Aujourd’hui, cela l’est moins, car une partie du cinéma d’horreur a sombré dans la morale ennuyeuse, oubliant son côté adolescent et marginal, pour devenir mainstream et policé.
Même en 1988, Chucky n’est pas mainstream. On parle d’un tueur en série, qui arrive à transférer son âme dans une poupée et qui va utiliser un petit garçon pour continuer de tuer. D’ailleurs, dans le scénario original, c’est Andy qui devait tuer, mais les studios ont eu des réticences. Après tout, même dans La malédiction, Damien ne tue presque jamais directement.
Jeu d’enfant est intéressant à regarder, notamment pour les effets spéciaux de l’époque, qui n’étaient vraiment pas très recherchés ni très aboutis. Mais, là encore, quand on se souvient des Freddy, on sait que les studios faisaient avec les moyens du bord.
Par contre, il y a une chose qu’il ne faut pas chercher dans Jeu d’enfant : c’est la peur. Il a été classé en film d’horreur parce qu’il y a un tueur en série, qui commet des meurtres, en étant dans le corps d’une poupée grâce à un rituel vaudou. Mais, on est très loin d’une poupée terrifiante comme Annabelle. C’est un esprit beaucoup plus potache et plus léger, même s’il y a une scène qui peut mettre mal à l’aise.
Peut-on voir Jeu d’enfants en 2025 ? On peut, pour comprendre les autres films, notamment ceux qui appartiennent à ce qu’on appellera la seconde génération. C’est un très bon film pour débutants dans le domaine du cinéma d’horreur.
Jeu d’enfant est disponible sur Amazon Prime jusqu’à la fin de l’année 2025 et vous le trouverez en DVD remastérisé.