Firestarter (2022)
Firestarter est une nouvelle adaptation du roman Charlie de Stephen King. Si l’effort est louable, le résultat final laisse perplexe.
Sommaire
Le scénario de Firestarter
Andy et Vicky sont un couple heureux. Ils se sont rencontrés à la fac, lors d’expériences thérapeutiques et des essais cliniques. Après leur diplôme, ils sont installés ensemble et ont mis au monde une petite fille : Charlie.
Dès son plus jeune âge, Charlie a développé certaines aptitudes, notamment la pyrokinésie. Voyant le potentiel létal de l’enfant, le gouvernement tente de mettre la main dessus.
Le couple décide alors de vivre en marge de la société, sans Internet, sans téléphone portable, sans compte bancaire. Malheureusement, suite à un incident à l’école, les services sociaux et la police sont contactés. La famille McGee doit se mettre à l’abri.
Un clin d’œil à Carrie et l’Institut
Charlie et Carrie ne sont pas liés dans le monde de Stephen King, néanmoins, les deux histoires ont quelques ressemblances. Les deux filles ont des pouvoirs parapsychiques, dont celui de provoquer des incendies.
Mais, on ne sait pas d’où Carrie tient ses pouvoirs, si ce n’est pas son père, mais l’origine n’est jamais expliquée. À l’inverse, si Charlie a des dons, c’est parce que ses parents ont servi de cobayes pour des expériences et que leurs aptitudes se sont transmises chez Charlie.
En dépit du sujet, Firestarter n’a pas non plus de liens avec l’Institut, même si on retrouve des thèmes chers à Stephen King : des enfants qui ont des aptitudes exceptionnelles et qui ne peuvent pas compter sur les adultes, en apparence fiables, qui les entourent.
Le contrôle parapsychique à des fins militaires
Aussi farfelu que cela puisse paraître, aussi bien Carrie, que Charlie que l’Institut ont un fond de vérité. Durant la Guerre froide, les États-Unis ont mené des expériences visant à développer le contrôle et de programmation de l’esprit humain. C’était le projet MK-Ultra.
La presse aura finalement vent de ces expérimentations, qui étaient barbares et s’inscrivaient hors du cadre de l’éthique médicale.
Mais, la CIA a aussi lancé le Projet Stargate, en faisant appel à des voyants et enquêtait sur les phénomènes psychiques. Le programme s’arrêtera en 1995. Il ne s’agit là que de deux programmes qui ont été portés à la connaissance du public. Dès lors, on est tenté d’imaginer que d’autres expériences, encore moins recommandables ont pu se dérouler voire que certaines continuent.
Le verdict
En dépit d’une très bonne histoire, le résultat final est assez moyen. Le premier problème est la temporalité. Firestarter se déroule de nos jours alors que le roman est paru en 1980. Ce n’était pas nécessaire d’ajouter une quarantaine d’années.
Globalement, la photographie est aussi beaucoup trop sombre. On ne voit quasiment rien et ça gâche l’histoire, malgré trois bons acteurs. On a aussi l’impression qu’il manque des bouts dans le récit. Le film aurait gagné à être un tout petit peu plus long, d’autant qu’il fait seulement 1 h 34, ce qui est assez court pour un film de ce genre.
C’est tout le problème, surtout quand on n’a pas lu le livre. L’histoire est réellement mieux construite dans le roman et la fin semble beaucoup moins abrupte. Lorsque le film se termine, on délaisse Charlie à son triste sort alors que dans le roman, elle n’est pas laissée à l’abandon. Stephen King veille toujours à « bien » conclure ses histoires. En bâclant la fin, le film ne rend pas vraiment hommage à son travail.
Le résultat général fait qu’on a bizarrement du mal à entrer dans l’histoire alors qu’elle peut facilement générer de l’empathie. C’est assez rare que Blumhouse rate ses films.
Firestarter est disponible en DVD.