American Horror Story : Double Feature
Comme son nom l’indique, American Horror Story : Double Feature est une saison en deux parties, chacune avec une histoire différente. Attention, cette chronique révèle quelques éléments clés de l’intrigue.
Sommaire
Le scénario d’American Horror Story : Double Feature – Red Tide
Red Tide constitue la première partie. Harry Gardner est un scénariste en panne d’inspiration. Avec sa femme, décoratrice d’intérieur en devenir, et leur fille, violoniste prodige, ils quittent New York pour l’hiver et s’installent à Provincetown, une station balnéaire du Massachusetts.
Sur place, Harry fait la connaissance d’une romancière à succès et d’un autre auteur renommé. Pour l’aider à retrouver sa créativité, ils lui donnent une petite pilule noire aux effets surprenants.
Revigoré, Harry se remet à écrire frénétiquement, enchaînant les scénarios au grand bonheur de son agent. Mais sa fille découvre son secret chimique et décide d’en prendre à son tour.
Le scénario d’American Horror Story : Double Feature – Death Valley
En 1954, un vaisseau extraterrestre s’écrase sur Terre. Simultanément, des humains sont « possédés » par des entités venues d’ailleurs. Le président Eisenhower n’a pas le choix : il doit signer un accord avec les extraterrestres pour assurer la survie de l’humanité. En échange de quelques enlèvements, les Américains auront accès à des technologies avancées et éviteront – du moins temporairement – l’anéantissement.
À notre époque, un groupe d’amis se retrouve pour les vacances. Ils partent pour un week-end dans le désert californien, sans téléphone portable. Sur le chemin du retour, ils sont enlevés par des extraterrestres.
Ramenés dans leur voiture sans aucun souvenir, ils regagnent Los Angeles… pour découvrir qu’ils sont tous enceints, y compris les garçons. Lors d’une consultation médicale, ils sont capturés par des agents gouvernementaux et enfermés dans un mystérieux laboratoire souterrain.
Pacte faustien
Le point commun entre les deux récits est la notion du pacte faustien. Dans Red Tide, il est explicite. La pilule noire ne fonctionne que sur les personnes dotées d’un véritable talent. Si vous n’en avez aucun, elle vous transforme en une créature hybride entre vampire et zombie.
Évidemment, Harry ignore cela lorsqu’il en prend une, mais finit par l’apprendre. Lorsqu’il est question que sa femme prenne, elle aussi, une pilule, sa réaction est révélatrice : dire non reviendrait à lui signifier qu’elle n’a aucun talent ; dire oui, c’est risquer qu’elle se transforme en monstre.
Dans Death Valley, l’enjeu est plus direct. Les extraterrestres menacent clairement Eisenhower d’exterminer la race humaine s’il ne coopère pas. En contrepartie, il aura accès à des technologies futuristes. On le voit néanmoins rongé par la culpabilité jusqu’à la fin de sa vie.
Son épouse, Mamie, n’a pas les mêmes scrupules. Elle adopte une approche plus utilitariste : les humains ont tout à gagner, et tant pis si certains doivent disparaître au passage, pour le bien du plus grand nombre. Elle finira, elle aussi, par regretter ce choix.
Le verdict
Si Death Valley explore avec brio le thème des extraterrestres, l’actualité récente est venue contrecarrer l’une des théories du complot les plus populaires. On sait désormais qu’aucun extraterrestre n’a jamais été présent sur Terre. Pourquoi ? Parce qu’en tant que commandant en chef, le président des États-Unis en aurait été informé. Et vous imaginez vraiment Donald Trump garder le silence sur un tel secret ? Encore plus lors de son second mandat, quand son équipe a déjà laissé filtrer des informations sensibles à un journaliste invité dans une boucle privée de discussion ?
Red Tide séduit davantage par sa thématique et les dilemmes qu’elle soulève. Même après plusieurs visionnages, la question reste entière : faut-il prendre cette pilule et devenir une personne exceptionnelle dans son domaine, avec tous les risques que cela comporte, ou s’en abstenir et rester dans l’ombre pour toujours ? Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour notre art ? Quels sacrifices sommes-nous capables d’accepter ? Il n’y a pas de réponse universelle à cela.
Visuellement, la saison est un bijou. Le directeur de la photographie s’en est donné à cœur joie. Red Tide est filmé avec des filtres froids, renforçant l’atmosphère hivernale et créant un contraste saisissant avec d’autres scènes.
Quant à Death Valley, c’est encore plus audacieux : toutes les scènes se déroulant dans le passé sont en noir et blanc, tandis que celles du présent sont en couleur. Ce choix, qui pourrait sembler daté, fonctionne à merveille et s’intègre parfaitement à l’esthétique de la série.
Les deux parties de cette dixième saison sont très bien faites et intéressantes. American Horror Story : Double Feature est disponible sur Disney+.