Horreur

American Nightmare 2 : Anarchy

Le deuxième opus de la Purge — American Nightmare : Anarchy — nous montre un autre point de vue : celui des ghettos.

Le scénario d’American Nightmare : Anarchy

Eva est une mère célibataire, qui vit avec sa fille adolescente Cali et son père, malade. Ayant du mal à joindre les deux bouts, elle se barricade chez elle la nuit de la purge, avec des planches. Mais, un de ses voisins décide de s’en prendre à elle.

Alors qu’elle pensait vivre une nuit d’horreur à cause de ce dernier, des miliciens débarquent et commencent à tuer tout le monde. Croisant le chemin de Leo Barnes, dit le Sergent, elles arrivent à s’enfuir.

Sur leur route, ils croisent un couple, dont la voiture a été sabotée intentionnellement quelques minutes avant le début de la purge. Leur cavale pour survivre ne connaîtra pas de répit avant la fin officielle de la purge.

Purger pour purifier

Leo est un purgeur, mais un purgeur particulier. Lui ne veut pas s’en prendre arbitrairement à des gens, pour exorciser son besoin de violence ou par jalousie, mais pour se venger, pour réparer une injustice.

Il est tiraillé tout au long du film : sauver Eva et sa fille ou les laisser en plan pour aller purger de son côté. Vous découvrirez la solution à la fin du film.

Mais, il n’est pas le seul qui souhaite purger pour purifier. Une autre entité souhaite accélérer le grand ménage de printemps de l’Amérique bénie des Nouveaux Pères Fondateurs.

Le Amazon de la Purge

Si, dans le premier volet, la bourgeoisie se contentait de s’en prendre à ses voisins, dans ce deuxième opus, on en revient à la lutte des classes. Les très riches ne vont pas se salir les mains à aller chercher leurs proies dans les rues.

Ils passent directement commande. Soit pour que leurs victimes viennent d’elles-mêmes en échange d’une forte somme, soit en ayant recours à des sous-traitants qui capturent des victimes.

Si Cali est très consciente que la purge ne vise qu’à éliminer les éléments les plus défavorisés de la société, sa mère et son grand-père sont beaucoup moins sensibles à cette argumentation. Ce n’est pas qu’ils n’y croient pas, c’est qu’ils n’ont pas les moyens de se battre contre un système.

La lutte contre le Bien et le Mal

Au début du film, Eva est sollicitée dans les rues, par des vendeurs à la sauvette. Mais, il n’est nullement question de tour Eiffel ou de sacs de contrefaçon. Ces vendeurs lui proposent des armes en tout genre, y compris pour « planter [son] mec ».

La nuit de la purge, tout le monde en profite pour régler ses comptes et la classe sociale n’y change rien. Le film garde une teneur politique et comme une amorce au troisième chapitre, on découvre qu’il existe une résistance, menée par Carmelo Johns, avec l’aide de l’étranger.

Celui qui avait été sauvé lors du premier épisode rejoint la résistance. Enfin, à la fin du film, le complot est révélé « les gens ne purgent pas assez », comme pour laisser une note d’espoir.

Le verdict

Si le premier épisode était bon, le deuxième est un cran au-dessus, car l’histoire gagne en épaisseur. On reste sur des scènes assez violentes, mais moins que dans le troisième épisode. On apprécie aussi la politisation du propos, qui n’est pas caricaturé.

Néanmoins, en poussant le raisonnement, on comprend aussi que la purge n’a pas qu’une visée sociale. Elle a une visée purement économique. Ce point était en pointillés dans le premier volet. Avec la profusion d’armes dans le deuxième, on ne peut arriver qu’à la conclusion suivante : la purge permet aux marchands d’armes d’augmenter leurs bénéfices. Même les institutrices de maternelle veulent leur AK-47.

Deux acteurs sortent du lot. Frank Grillo que l’on retrouvera dans le troisième opus et bien évidemment, Michael K. Williams qui joue le charismatique leader de l’opposition aux Nouveaux Pères Fondateurs. On peut regretter qu’il ne soit pas plus présent à l’écran.

Comme le premier opus, celui-ci n’est pas disponible en streaming gratuitement. Mais, là encore, vous pouvez trouver l’intégrale de la franchise en DVD.