Horreur

American Nightmare 5 : sans limites

Le cinquième et avant-dernier volet d’American Nightmare nous montre enfin la vraie facette de l’être humain.

Le scénario d’American Nightmare 5 : sans limites

Les Nouveaux Pères Fondateurs d’Amérique (NFFA) ont repris le pouvoir après le mandat de Charlie Roan et ont réinstauré la purge annuelle.

Moins d’un an avant la purge, Juan et Adela passent frauduleusement la frontière entre le Mexique et les États-Unis, pour échapper aux gangs de narcotrafiquants. Adela se fait embaucher dans un restaurant et Juan, dans un ranch au Texas.

La nuit de la purge, ils survivent en se cachant, mais, le lendemain, les purgeurs n’ont pas envie que la fête s’arrête. La purge sans limites est décrétée et contamine tout l’état du Texas.

Juan, Adela et leurs amis se lancent dans une course contre-la-montre, pour rejoindre le Mexique avant que les frontières ne soient fermées.

La réponse logique

C’était la question qui nous trottait dans la tête dès le premier volet de la purge : pourquoi s’en tenir à une seule nuit ? Quand on sait que l’être humain a des difficultés à se poser des limites, qui peut croire que tout le monde attendrait sagement une nuit par an pour évacuer sa colère et sa haine ?

Si la confrontation entre les Blancs et les Afro-Américains était assez bien abordée dans les précédents films, il manquait une communauté : les Latinos. C’est la première communauté dans certains États américains, au point que l’espagnol est la première langue parlée.

L’élection de Donald Trump a ravivé les tensions raciales et les Latinos n’ont pas fait exception à la règle, d’autant que beaucoup sont vus négativement par de nombreux Américains, qui les accusent de leur voler leurs emplois.

Quelques années plus tard, les frontières se sont fermées avec le Mexique, Donald Trump est revenu à la Maison-Blanche et les agriculteurs, notamment du Texas, sont à court de main d’œuvre, les Américains de souche refusant de travailler dans les champs et dans les ranchs.

Le verdict

Ce cinquième volet n’est pas le meilleur de la saga, mais ce n’est pas à cause de la réalisation ou des acteurs. C’est à cause de la conclusion. Dans le troisième opus, on laissait une Amérique qui devait faire la paix avec elle-même et retrouver une forme de sérénité à laquelle on avait envie de croire.

Ce cinquième épisode nous informe qu’il ne s’agissait que d’une période éphémère et que les Américains avaient choisi de revenir à la violence de la purge. En 2021, on n’y croyait pas et pour cause : Trump avait perdu sa réélection, on pouvait souffler. En 2025, on est obligé d’ouvrir les yeux et de se rendre compte qu’il y aura toujours des gens qui préféreront les solutions extrêmes.

La fin aussi nous laisse assez songeurs. Il est amusant de noter que c’est le Mexique qui sert de pays refuge aux Américains qui veulent vivre en paix, alors que ce pays est gangréné par la corruption et par les narcotrafiquants. C’est d’ailleurs pour cela qu’une partie des Mexicains quittent leur pays et on l’avait effleuré dans le troisième volet de la purge.

Par effet miroir, les États-Unis plongent dans le chaos le plus absolu et l’état d’urgence est décrété sans que l’on sache vers quoi cela va déboucher. On a tendance à l’oublier, mais les États-Unis sont un grand pays — au sens géographique du terme — et on parle d’un État fédéral. Restaurer l’ordre y est plus difficile qu’ailleurs et même les scénaristes n’ont pas l’air d’y croire. Peut-être avaient-ils compris ce qui les attendait quelques années après ce tournage.

American Nightmare 5 : sans limites est disponible en DVD. Sachez qu’un sixième volet de la Purge est en préparation. On sait déjà que Frank Grillo sera au casting, toujours sous la houlette de James DeMonaco.