Comédie ou drame romantique

The Gilded Age

La nouvelle création de Julian Fellowes nous fait traverser l’Atlantique, pour nous emmener dans le New York de la fin du XIXe siècle.

Le scénario de The Gilded Age

Marian se retrouve orpheline et doit aller vivre chez ses tantes, Agnès van Rhijn et Ada Brook, sur la 5ᵉ avenue à Manhattan. Ses dernières voient d’un mauvais œil une autre arrivée : celle de la famille Russell, qui s’est fait construire une somptueuse demeure, en face de chez elles.

Alors que Marian attend son train, son porte-monnaie, contenant son argent et son billet de train disparaissent. Sa voisine de banc, Peggy, une jeune afro-américaine, décide l’aider. Ensemble, elles arrivent chez Mme van Rhijn. Agnès propose à Peggy de travailler pour elle et de s’installer.

En face, la famille Russell met tout en œuvre pour se faire une place dans la bonne société de Manhattan, au prix de quelques sacrifices.

Une série extrêmement bien documentée

Si Julian Fellowes sait créer des séries à succès, c’est parce qu’il accorde un soin tout particulier aux détails, en particulier, les détails historiques. On retrouve ainsi les Vanderbilt — ils ne sont qu’évoqués, mais les Russell sont créés à partir de cette familleles Astor, Thomas Fortune ou encore Ward McAllister.

Ce dernier a réellement écrit un livre, « la société telle que je l’ai trouvé », que vous pouvez trouver en ligne.

En dehors de la belle société blanche, la série a le mérite de mettre en avant un pan très peu connu de l’histoire américaine : l’élite noire du XIXe siècle. Si on connaît assez l’histoire des Afro-Américains au moment de l’esclavage et la ségrégation raciale, on sait beaucoup moins qu’il existait une élite, aussi bien intellectuelle que financière au nord des États-Unis.

Lutte des femmes

L’histoire se concentre beaucoup sur les enfantillages mondains de ces dames des beaux quartiers. Mais, il faut regarder cela avec les lunettes de l’époque. D’une part, les femmes n’existaient pas socialement sans le mariage. Les lois de l’époque interdisaient aux femmes mariées de travailler en dehors du foyer — même si beaucoup le faisaient quand même par nécessité. Quant aux dames de la bonne société, elles restaient mineures jusqu’au mariage, n’accédant à l’indépendance qu’au moment du veuvage.

Dès lors et c’est assez bien expliqué dans le livre « Saintes ou pouliches, l’éducation des filles au XIXe siècle », la seule manière de s’épanouir était — dans cet ordre — de faire un « beau » mariage, de faire des enfants et d’évoluer dans les cercles mondains, en pratiquant la charité. Ce triptyque était le seul qui soit valable.

Faire des études ou avoir une carrière n’était pas quelque chose de concevable ni de respectable. Partant de là, la seule manière d’exister était de briller dans les salons mondains, d’organiser des fêtes et de manœuvrer pour que les enfants fassent de bons mariages.

Rupture américaine

À la différence de Downtown Abbey, The Gilded Age montre ce qui a fait la puissance des États-Unis : la chance offerte à chacun de s’élever au-dessus de sa condition de naissance. Dans l’Empire britannique, on évoluait peu socialement. Aux États-Unis, on peut passer de valet de pied à riche inventeur, pour peu qu’on soit suffisamment habile. À l’inverse, on peut aussi perdre sa fortune en quelques jours, suite à un placement mal avisé et se retrouver tributaire de quelqu’un d’autre.

Il faut garder en tête qu’au XIXe siècle, une partie des États-Unis restait à découvrir et à exploiter. Des fortunes se sont bâties là-dessus. Quand tout est à construire, les choses sont plus faciles.

L’un des points qui n’est abordé que superficiellement dans la série est le fait qu’une bonne part de l’élite américaine a construit sa fortune sur une absence totale de règles juridiques. Il est beaucoup plus commode de bâtir un empire lorsqu’il n’y a pas de normes.

Le verdict

The Gilded Age est l’une des séries les mieux notées et c’est largement justifié. Chaque épisode est un trésor de précision et de minutie. Le générique lui-même est extrêmement riche en détail. On ne peut que saluer la rigueur historique, qui donne envie de se plonger dans différents ouvrages parlant de cette période et nous faire découvrir de nouveaux personnages.

La surprise, pour les accros du cinéma d’horreur, vient de Taissa Farmiga. En effet, on la connaît pour ses différents rôles dans American Horror Story, mais aussi pour avoir campé sœur Irène dans la nonne et la nonne : la malédiction de Sainte-Lucie. Dans The Gilded Age, elle est dans un autre registre et on admet qu’elle s’en sort avec brio, même si ça manque de couteaux.

Devant le succès, aussi bien critique que populaire, The Gilded Age a été renouvelé pour une quatrième saison. On ne sait pas encore quelle est la date de sortie en France. Le tournage ne doit pas commencer avant le début de l’année 2026. Il faudra donc patienter jusqu’en 2027 pour découvrir la quatrième saison de The Gilded Age.

The Gilded Age est disponible en DVD, ainsi que sur HBO Max.