Bienvenue à Derry
Pensé comme un début à la grande saga d’horreur Ça, bienvenue à Derry nous montre que lorsqu’on a du talent, on peut faire de très grandes choses.
Sommaire
Le scénario de Bienvenue à Derry
Nous en sommes en 1962. Le petit Matty s’introduit dans un cinéma pour regarder des films gratuitement. Pris en chasse par le gérant, il s’enfuit grâce à la complicité de Ronnie. Alors qu’il marche pour sortir de la ville et échapper à ses parents, il est pris en auto-stop par une famille.
D’abord rassuré, il se rend compte que cette famille est définitivement très bizarre. Pris de panique, il veut sortir de la voiture, qui a un accident.
Quelques mois plus tard, le commandant Hanlon s’installe à Derry, avec femme et enfant. Son petit génie de fils se fait des amis, les mêmes que ceux de Matty. Ils lui racontent qu’il se passe des choses inquiétantes dans cette bourgade d’apparence si tranquille.
Terreur pure
Vous pensez que vous avez déjà eu peur en regardant un film ou une série d’horreur ? Vous n’avez encore rien vu. Bienvenue à Derry est absolument terrifiant, même quand on connaît bien ce genre. Dès les dix premières minutes, on est plongé dans une atmosphère si tétanisante, qu’on se demande si on ne va pas laisser les lumières allumées au moment d’aller se coucher.
On inspecte les placards, on vérifie que la porte est bien verrouillée, on regarde la tuyauterie de la salle de bains avec une grande appréhension. On a l’estomac totalement noué par l’angoisse et la dernière scène du dernier épisode nous donne l’impression d’être entrés dans un cauchemar sans issue. La dernière fois qu’on a autant eu peur, c’était avec Sinister.
L’horreur n’est pas uniquement psychologique, elle est aussi graphique ou viscérale on dit certains. Il est vrai que certaines scènes sont très sanglantes et très gores. Néanmoins, l’ensemble est suffisamment bien dosé pour que cela ne provoque pas de répulsions inutiles. Muschietti ne donne pas dans le torture-porn, il connaît son public, il sait ce qu’il est venu chercher.
L’arbre généalogique des ratés
Quand on connaît bien Ça, la première question que l’on se pose est de savoir si on va retrouver les personnages principaux dans cette série, qui se déroule 27 ans avant la première partie de l’histoire. La réponse est oui, comme vous avez pu vous en douter en lisant le résumé ci-dessus.
Allez-vous croiser la route d’autres personnages ? Là encore, la réponse est oui. Cependant, on ne vous dira pas lesquels, afin de ne pas vous gâcher la surprise. Le seul conseil que l’on vous donnera sera de bien revoir les deux films, réalisés par Muschietti. Non pas que la version de 1990 ne soit pas à la hauteur — elle a terrorisé trois générations — mais, elle ne reprend pas tous les personnages du roman ou pas forcément toutes les scènes.
Il y a la lecture stricte du roman et il y a les clins d’œil à d’autres œuvres. Notamment une, mais vous ne le comprendrez qu’à la moitié des épisodes au mieux ou au dernier épisode dans le pire des cas. À ce stade, vous vous demandez certainement si Stephen King a validé cette série. Non seulement, il a adoré le résultat, mais, il en a été le producteur exécutif. Bien échaudé par l’expérience du Shining de Kubrick, il garde un droit de regard sur l’adaptation de ses œuvres et il a bien raison.
Petites pestes
L’un des thèmes chers à King ressurgit dans la série : le harcèlement scolaire. Lilly est amie avec Marge, mais, cette dernière essaie d’être copine avec une bande de pestes, dont le jeu préféré est d’humilier les autres enfants.
Pour autant, contrairement à d’autres histoires, ce ne sont pas les tortionnaires qui sont punis, mais celle qui s’est montrée temporairement trop faible pour arrêter le harcèlement de son amie. L’histoire est scénarisée de telle sorte que l’oncomprend que Marge devait en passer par là pour grandir humainement.
Bien entendu, comme nous sommes dans une série d’horreur, cela ne se passe pas nécessairement dans la douceur et la bienveillance.
Le verdict
HBO a mis en ligne les épisodes un par un, au rythme d’un par semaine. On a trouvé l’automne assez long et dès que le dernier épisode a été mis en ligne, on s’est jeté sur Bienvenue à Derry avec voracité.
On a eu le souffle coupé dès les premières minutes et on n’a pu recommencer à respirer normalement qu’à la fin de la première série. C’est une très grande réussite, l’une des meilleures séries d’horreur que l’on a pu voir ses dernières années, loin de certains écueils que l’on peut constater dans certaines productions. Le résultat est léché, fin, flirte ouvertement avec le fantastique pour mieux nous replonger dans l’angoisse et la folie quelques instants après.
On comprend mieux aussi pourquoi King fait dire à ses personnages qu’en un sens, toute la ville de Derry est Ça. Devant le succès de la série, aussi bien populaire que critique, une saison 2 de Bienvenue à Derry est déjà en préparation. Elle se déroulera en 1935. On n’a pas encore la date de sortie, mais, sachez qu’il a fallu trente-deux mois pour que la première saison arrive sur nos écrans.
Bienvenue à Derry est disponible sur HBO Max et une sortie en DVD est prévue pour le 6 mai 2026.