Horreur

American Horror Story : Delicate

Douzième saison de la franchise, American Horror Story : Delicate a été assez injustement vilipendée par les fans. Attention : cette chronique révèle des éléments clés de l’intrigue.

Le scénario d’American Horror Story : Delicate

Anna a presque tout pour être heureuse. Actrice, elle vient de terminer le tournage d’un film encensé par la critique et elle file le parfait amour avec Dex, propriétaire d’une galerie d’art. Son bonheur serait quasiment complet si elle parvenait à tomber enceinte.

Après plusieurs échecs de FIV, elle se tourne vers une clinique, sur les conseils de son amie Siobhan, également attachée de presse. L’implantation réussit, mais Anna devient la proie d’un harceleur qui lui gâche la vie.

Tandis que la vie grandit en elle, des événements étranges surviennent.

Kim Kardashian en actrice : le verdict

C’est peu dire que l’on a haussé un sourcil en voyant le nom de Kim Kardashian dans le casting, et pour l’un des rôles principaux. Après tout, elle est surtout connue pour la téléréalité et son influence sur les réseaux sociaux. On peut lui prêter de nombreuses qualités, mais celle d’actrice ne vient pas immédiatement à l’esprit.

Alors, que vaut Kim Kardashian ? À notre grande surprise, elle est assez convaincante. On n’ira pas jusqu’à dire que son interprétation restera dans les mémoires, car le personnage qu’elle incarne est peut-être trop proche de sa propre image. Elle joue une attachée de presse ambitieuse et autoritaire. Ce n’est donc pas un rôle à contre-emploi.

Néanmoins, elle parvient à en faire quelque chose de crédible. Et si on se dit que ce serait génial de l’avoir comme attachée de presse, on n’est pas certain de vouloir réellement la fréquenter.

Une thématique universelle

C’est la première fois qu’American Horror Story adapte un roman pour sa série, et c’est probablement ce qui a déstabilisé une partie des fans. Le thème reste pourtant universel : le pacte faustien. On l’a déjà vu dans Coven et surtout dans Double Feature.

La seule différence, si l’on peut dire, réside dans l’objet de la transaction : un enfant. La symbolique du matriarcat est un peu appuyée, mais on a vu plus maladroit ailleurs. En somme, certaines femmes sont prêtes à faire des sacrifices, pour peu qu’elles en retirent quelque chose d’intéressant.

L’histoire tient la route grâce à une esthétique très soignée et à l’interprétation d’Emma Roberts.

Le verdict

Delicate est moins facile d’accès que d’autres saisons de la série. Coven, Asylum ou encore 1984 donnaient immédiatement le ton. Pour Delicate, comme pour NYC, il faut s’accrocher un peu. Par ailleurs, quelques incohérences peuvent perturber le spectateur. Par exemple, on voit surgir des araignées sans comprendre ce qu’elles symbolisent ni à quoi elles servent.

Une autre raison pour laquelle les fans ont moins apprécié cette saison tient peut-être au casting. On retrouve bien Emma Roberts, Denis O’Hare, Billie Lourd et Leslie Grossman, mais les autres figures emblématiques de la série sont absentes. On aurait adoré voir Kathy Bates dans le rôle de Siobhan — quitte à réécrire un peu le personnage — ou Sarah Paulson.

Cara Delevingne, qui interprète un démon, manque de présence. C’est un mannequin, mais elle n’a pas encore la maturité d’actrice pour incarner un rôle aussi intense. Or, ce personnage nécessitait une véritable force à l’écran. Ajoutons à cela que le tournage et la promotion ont été perturbés par la grève des scénaristes.

Est-ce la fin de la franchise American Horror Story ? Non, puisque les créateurs ont signé pour une treizième saison. On ne connaît pas encore sa thématique et, le tournage ne semblant pas encore lancé au printemps 2025, il est probable qu’il faille attendre septembre 2026 pour la découvrir.

Dans l’ensemble, Delicate plaira aux fans inconditionnels de la série. Les autres risquent de s’ennuyer un peu. American Horror Story : Delicate est disponible sur Disney+.