Drame

Tu étais là

Minisérie diffusée sur Netflix, « tu étais là » nous plonge dans le quotidien d’une femme battue en Corée du Sud.

Le scénario de Tu étais là

Jo Eun-su travaille dans une galerie commerciale huppée, de type Galeries Lafayette, à Séoul. Alors qu’elle montre une nouvelle montre de luxe à un client, elle repère son amie, Jo Hui-su, qui semble l’éviter.

Constatant que son client est parti avec la montre, elle arrive à le retrouver et se lie d’amitié avec lui. Puis, intriguée par le comportement de son amie, elle finit par lui mettre la main dessus et par découvrir qu’elle subit des violences conjugales.

Avec l’aide de son nouvel ami, Jo Eun-su et Jo Hui-su vont tenter de sortir de ce cauchemar, dans un pays qui ne veut pas entendre parler des violences conjugales.

Un pays gangréné par les violences domestiques

La Corée du Sud, qui peut nous paraître si exotique, si charmant et si intéressant grâce au soft-power culturel qui a lieu depuis des années, est extrêmement en retard sur les questions dites de société. Dans ce pays, on estime qu’un tiers de femmes ont subi des violences conjugales.

Pire encore, tout le système est contre les femmes et les peines sont dérisoires, parfois quelques mois avec sursis.

Même les viols ne donnent pas lieu à une criminalisation systématique, comme le montre l’affaire du viol collectif de Miryang. C’est le principal apport de cette série : montrer que les violences commises envers les femmes sont très largement sous-estimées et méprisées.

La réputation avant la justice

Noh Jin-pyo a une sœur, Noh Jin -young, qui vise un poste très élevé, au sein du cabinet présidentiel. Pour cela, elle doit non seulement avoir un dossier professionnel sans tache, mais aussi que son entourage soit irréprochable.

Ainsi, lorsqu’elle tombe sur sa belle-sœur au commissariat, qui veut porter plainte contre son mari, certificats médicaux à l’appui, elle lui fait comprendre qu’il serait dans son intérêt de s’en aller sans faire d’histoires et elle dit à ses collègues que les femmes s’automutilent pour ensuite accuser leurs conjoints de violences.

La scène est choquante pour des Occidentaux, mais, quand on a regardé quelques séries sud-coréennes, on sait qu’il y a une chose qui est au-dessus du reste : la réputation. Cela va de pair avec la classe sociale. Donc, peu importe ce qui se passe, on ferme les yeux, on passe sous silence, car, il ne faut pas déranger l’ordre établi.

Le verdict

Commençons par les points négatifs. Dans l’ensemble, Tu étais là est trop long. Il y a trop de longueurs, certaines scènes ne sont pas indispensables à la narration générale et le propos aurait gagné à être un petit plus rapide.

Néanmoins, on rentre assez vite dans l’histoire, qui est plutôt intéressante et montre plusieurs choses. D’une part, il n’est pas si facile que cela de se libérer de l’emprise d’un tortionnaire, encore moins quand l’ensemble de la société est contre vous. Dans la série, Jo Hui-su n’a quasiment personne vers qui se tourner pour l’aider et même quand elle essaie de fuir, son mari trouve une façon de la forcer à réintégrer le foyer conjugal. Elle est donc contrainte à certaines extrémités.

L’autre point intéressant est la posture de Jo Eun-su : elle a vécu les violences intrafamiliales quand elle était enfant et elle a une sorte de déclic lorsqu’une de ses clientes finit par mourir. Cela montre aussi que les enfants ne sont pas étanches à ces situations.

La minisérie est assez prenante et la fin a l’avantage de ne pas être trop irréaliste. On apprécie la note d’espoir des dernières minutes et on comprend aussi que le sujet soit assez sensible en Corée du Sud. C’est donc une bonne réalisation, avec de bons acteurs et un bon scénario.

Tu étais là est disponible sur Netflix.