Nonnas
Inspiré d’une histoire vraie, Nonnas nous parle d’un restaurateur qui ouvre un établissement avec des grands-mères en guise de chef. Attention : cette chronique peut vous ouvrir l’appétit.
Sommaire
Le scénario de Nonnas
Joey vient d’enterrer sa mère, dont il était très proche. Célibataire et salarié dans un garage d’autobus, il ne sait pas vraiment que faire de sa vie. Un après-midi, il se rend à Staten Island pour se promener dans un grand marché aux couleurs de l’Italie, son pays natal.
Passant devant un restaurant, il trouve l’inspiration : ouvrir un restaurant dont les chefs seraient des grands-mères, faisant de la bonne cuisine italienne familiale et réconfortante.
Aidé par son meilleur ami Bruno et la compagne de ce dernier, ainsi que de son flirt d’adolescent, Olivia qu’il a croisée au marché, il va recruter « ses » grands-mères, se démener pour ouvrir son restaurant et honorer la mémoire des femmes de sa famille.
Une histoire vraie
Le scénario est inspiré par la vie de Jody Scaravella. C’est en 2007 qu’il monte son restaurant, Enoteca Maria, en mettant aux fourneaux des « nonnas », grands-mères en italien.
Mais, à la différence du film, le restaurant a tout de suite cartonné. Au décès de sa mère, Jody quitte Brooklyn pour s’installer à Staten Island. Il commence par tomber amoureux d’une maison puis d’une boutique, qu’il transforme en restaurant.
Ayant perdu sa grand-mère, sa mère et sa sœur, il cherchait à recréer une atmosphère maternelle autour de lui et c’est ainsi qu’est né le restaurant. L’établissement a rencontré un très grand succès. Il est coupé en deux : la cuisine « fixe » est toujours italienne et une cuisine temporaire a été ajoutée au menu. Les clients peuvent découvrir la cuisine d’autres grands-mères.
Comment est venue l’idée du film ? Facile : Vince Vaughn est venu y manger avec Joe Mangianello — qui joue Bruno dans le film. Il a été tellement ému qu’il a décidé d’en raconter l’histoire. Si Enoteca Maria affichait déjà complet avant la sortie sur Netflix, cela ne s’est probablement pas arrangé.
L’art difficile de rendre la cuisine à l’écran
Il y a des choses plus difficiles à filmer que d’autres et la cuisine n’est pas si simple à tourner. Bien sûr, tous les films et toutes les séries ont des scènes à table. Certaines séries, telles que Downton Abbey ou Desperate Housewives ont même donné lieu à des livres.
Néanmoins, réussir à susciter l’envie, à générer les odeurs, les saveurs à travers un écran est beaucoup plus compliqué. Dans la catégorie des films « culinaires », on peut citer Beignets de tomates vertes ou encore Les saveurs du palais.
La grande force de la cuisine italienne à l’écran est qu’elle est connue du grand public et finalement, assez facile d’accès. On connait tous l’odeur d’une belle et bonne sauce tomate, aromatisée au basilic, le goût des pâtes fraîches, la saveur d’une mozzarella, le croquant des légumes du soleil. C’est beaucoup plus simple que la dinde de Thanksgiving, qui n’est connu que des Américains.
Le verdict
La moitié du film se déroule dans des cuisines, donc le seul conseil qu’on peut vous donner est de manger avant le film ou d’avoir une belle sauce tomate qui mijote dans votre cuisine, sinon, ce ne sera pas un film, mais une pénitence.
L’histoire en elle-même est très attachante et on se dit que c’est un joli film de Noël, même si ça ne se passe pas à Noël, avant de voir dans le générique qu’il s’agit d’une histoire vraie. Si on devait faire une critique sur le film, ce serait son absence de marqueur temporel.
En effet, dans le film Joey a des difficultés à faire connaître son restaurant et comme tout connaisseur de l’économie de l’attention, on se demande pourquoi il ne fait pas de la publicité sur Instagram, avec de belles photos, pourquoi il ne fait pas de pub sur Tripadvisor, bref, pourquoi il court derrière des critiques de journaux.
L’histoire commence en 2007. Instagram n’existait pas et les réseaux sociaux n’étaient ni aussi développés ni aussi efficaces qu’aujourd’hui pour faire connaître un établissement. Mais, en dehors de ce point, on ne voit pas passer les deux heures et on trouve l’histoire très attachante.
Nonnas est disponible sur Netflix et si un jour, vous passez par Staten Island, essayez de réserver une table chez Enoteca Maria.