Horreur

Scream 3

Le troisième opus de la franchise Scream, qui aurait dû être le dernier, nous fait poser une question simple : Scream 3 est-il un film d’horreur ou un témoignage de Wes Craven ?

Le scénario de Scream 3

Cotton Weary est devenue une célébrité du petit écran et s’apprête à faire ses débuts au cinéma dans Stab 3. Alors qu’il est coincé dans les bouchons, un sinistre personnage l’appelle pour lui dire qu’il va tuer sa petite amie.

Il se précipite chez lui et finit assassiné. Suite à ce meurtre, l’inspecteur Kincaid va trouver Gale Weathers pour lui demander un coup de main. Sur les lieux du crime, une photo de la mère de Sidney Prescott a été trouvée.

Pendant ce temps-là, Sidney vit recluse dans une grande demeure isolée à la campagne. Mais, le tueur veut la sortir de son trou.

Un message posthume ?

À l’époque où Scream 3 est sorti sur les écrans, les frères Weinstein étaient au sommet de leur gloire, grâce à leur florissante maison de production : Miramax. Dans le film, il est question d’un producteur, qui abuse notoirement de sa position pour coucher avec de jeunes actrices, en échange de rôle.

Personne n’avait rien relevé à l’époque. Mais, deux décennies plus tard, dans le sillage de l’affaire #MeToo, tout le monde a voulu revoir le film et a trouvé d’étranges références à Harvey Weinstein. En premier lieu, la presse spécialisée qui s’est demandée si Wes Craven avait voulu lancer une alerte ou s’il ne s’agit que d’une référence à un secret de Polichinelle.

Malheureusement, il est décédé avant qu’Harvey Weinstein ne soit accusé et il ne s’est jamais exprimé sur ses relations avec lui. La seule chose que l’on sait est que le producteur a voulu virer le réalisateur, mais sans que l’on sache si le conflit était de nature artistique, financier ou autre.

Les règles d’une trilogie

Un personnage venu d’outre-mer fait son retour dans le troisième volet, pour nous enseigner les règles de la trilogie dans le cinéma d’horreur.

On lui pardonne d’entrée de jeu : dans les années 2000, la trilogie était la règle lorsqu’un film d’horreur avait du succès. On a ainsi eu Souviens-toi l’été dernier en trois films, Urban Legends au cube et certainement d’autres films, qui ont rencontré plus ou moins de succès.

Le plus important à retenir est que dans une trilogie, il n’y a plus rien de certain. Tout ce que l’on pensait connaître, peut se révéler être faux ou partial. Scream 3 nous en donne une jolie démonstration.

La fin de l’histoire

Scream 3 s’inscrit dans une histoire plus longue et plus ancienne. L’objectif était de répondre à une question simple : quand et comment tout a commencé ?

Quel a été l’élément déclencheur des massacres de Woodsboro ? Pourquoi un tel déchaînement de violences ? Qui en est à l’origine ?

On nous avait prévenus : dans le troisième chapitre, il n’y a plus rien de sûr donc, attendez-vous à voir vos certitudes basculer.

Le verdict

Scream 3 n’a pas réalisé des records, ni sur le plan des critiques ni sur sa rentabilité. Il est assez mal noté alors qu’il est plutôt intelligent et que l’histoire est loin d’être stupide.

Le plus intéressant, en dehors du message d’outre-tombe concernant Weinstein, est le traumatisme de Sidney. Elle n’a pas forcément peur pour elle-même, elle se jette d’ailleurs dans la gueule du loup, mais pour son entourage. Son réflexe est donc de s’isoler, de se cacher et d’aider d’autres femmes, victimes de violences, à surmonter leur peur.

Ce troisième volet conclut la première partie de la franchise Scream. Il faudra attendre onze ans pour que le quatrième épisode arrive et nous fasse découvrir une nouvelle génération.

Scream 3 est disponible en DVD.