American Horror Story : Apocalypse
American Horror Story : Apocalypse est la huitième saison de la franchise. Au risque d’être partial, on dira qu’il s’agit de la meilleure saison. Attention : cette chronique révèle des éléments-clefs de l’intrigue.
Sommaire
Le scénario d’American Horror Story : Apocalypse
Coco, une jeune héritière insupportable, est accompagnée de Mallory, son assistante personnelle. Alors qu’elles sont dans un salon de coiffure, une alerte retentit : un missile nucléaire se dirige vers Los Angeles. Hong Kong, Paris, Moscou, Londres ont déjà été détruites.
Avec Malcolm, son coiffeur, Evie – la grand-mère de ce dernier –, Coco et Mallory filent à l’aéroport pour embarquer dans un jet privé censé les emmener en lieu sûr. Une fois dans l’avion, Mallory réalise qu’il n’y a personne aux commandes. Le missile frappe Los Angeles. L’avion s’écrase, et les survivants sont conduits dans un bunker dirigé d’une main de fer par Mme Venable et Mme Mead.
Les survivants doivent rester confinés pour éviter toute contamination radioactive. Après 18 mois d’enfermement, un mystérieux jeune homme vient les rencontrer pour sélectionner certains d’entre eux et les emmener ailleurs. Mais les apparences sont parfois trompeuses.
Destruction
La peur de l’Armageddon nucléaire était bien présente chez ceux qui ont connu la Guerre froide. Aux États-Unis, beaucoup d’enfants des années 50, 60 et 70 ont participé à des exercices de sécurité, et les familles qui en avaient les moyens se sont équipées de bunkers dans leur jardin.
Cette huitième saison ravive cette terreur, qui nous semble aujourd’hui plus proche que jamais. Au moment du tournage, Trump était en pleine « négociation » avec la Corée du Nord et n’hésitait pas à provoquer ce pays, sans oublier l’Iran. Aujourd’hui, avec lui aux commandes et Poutine en face, on se dit que le sujet reste tristement d’actualité.
Elle nous rappelle aussi que l’arme nucléaire est une arme à un coup : une fois tirée, tout est fini. Il ne reste plus rien.
Saison à la croisée des chemins
Pourquoi dire qu’Apocalypse est la meilleure saison d’American Horror Story ? Parce qu’on y retrouve de nombreux personnages des saisons précédentes. On revient à la Murder House, on retrouve les sorcières de Coven, on fait même un détour par l’hôtel Cortez, et c’est aussi la dernière apparition de Jessica Lange dans la franchise.
On y trouve un clin d’œil aux films de type démoniaque comme La Malédiction, le tout amené avec une certaine ironie.
Les scénaristes ont manifestement voulu retrouver certains personnages, et cela donne une intrigue bien ficelée, relativement cohérente, malgré quelques faiblesses sur lesquelles on reviendra.
Petites incohérences
Les fans attentifs d’American Horror Story remarqueront quelques incohérences dans cette huitième saison. La première concerne Joan Collins, qui interprète deux rôles : celui d’Evie, la grand-mère du coiffeur, et celui de Bubbles.
Problème : dans les deux cas, elle incarne une actrice ou une célébrité hollywoodienne. On ne comprend donc pas pourquoi elle est dans le bunker alors qu’elle a été tuée, ni pourquoi elle n’a pas été ressuscitée. Il faut simplement garder à l’esprit qu’elle joue deux personnages distincts.
Autre incohérence : Mallory. Lorsqu’elle arrive pour la première fois à l’école des sorcières, Myrtle est déjà vivante. Pourtant, plus tard, on apprend qu’elle a été ramenée à la vie en raison du danger qui menaçait l’humanité – danger dont les sorcières ne prennent conscience qu’au moment où elles découvrent l’école pour jeunes hommes exceptionnels.
Ces petits défauts de continuité n’altèrent pas pour autant la qualité de l’intrigue, qui reste solide, sans temps mort, et très bien construite. On a notamment adoré la représentation des deux nerds devenus milliardaires du jour au lendemain, tout en restant deux ploucs sans raffinement.
Le verdict
Apocalypse traite finalement d’un thème universel : la fin de l’humanité. Nous savons tous que nous sommes mortels, mais c’est l’idée de laisser une trace pour les générations futures – et peut-être d’améliorer les choses – qui nous pousse à avancer.
Mais lorsqu’on sait que la fin est proche, comment ne pas céder au désespoir ? Et à quoi bon suivre des règles de vie qui n’ont plus pour but la survie ? Paradoxalement, la série montre qu’un retour est parfois possible. Certes, ici, cela passe par la sorcellerie et la magie. Mais, au-delà de cette astuce scénaristique, certaines situations peuvent être renversées si on les regarde avec lucidité.
On apprécie la richesse de la galerie de personnages et le talent des actrices et acteurs, capables d’interpréter plusieurs rôles sans jamais trahir la justesse de leur jeu. On avoue aussi que Madison Montgomery nous avait manqué.
American Horror Story : Apocalypse est disponible sur Disney+.